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Premier producteur de cacao, la Côte d’Ivoire fabrique désormais son chocolat pâtissier équitable

Une start-up ivoirienne a présenté le premier bloc de chocolat “Made in Côte d’Ivoire”, conçu à partir de fèves de cacao certifiées commerce équitable.

Le 05/09/2017 par Alice Pouyat
Une start-up ivoirienne a présenté le premier bloc de chocolat "Made in Côte d’Ivoire", conçu à partir de fèves de cacao certifiées commerce équitable.
Une start-up ivoirienne a présenté le premier bloc de chocolat "Made in Côte d’Ivoire", conçu à partir de fèves de cacao certifiées commerce équitable.

Avec 40 % du marché mondial, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. Et pourtant, seule une petite partie des fèves sont transformées sur place. Un manque à gagner évident pour l’économie ivoirienne.
 
Pour remédier à cette situation, la start-up Instant Chocolat et la coopérative Ecoya ont présenté, le 28 août, les premiers blocs de chocolat fabriqués en Côte d’Ivoire à partir de fèves de cacao certifiées commerce équitable et baptisés Le chocolat des femmes de Yamoussoukro.

Il s’agit d’un chocolat de couverture, comprenez un chocolat de qualité professionnelle utilisé en pâtisserie, conditionné en lingots de 2 kg, avec une concentration de 75 % de cacao.
 

Un ancien banquier reconverti en maître chocolatier

Malgré son statut de premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire compte encore trop peu de maîtres chocolatiers, selon Axel Emmanuel Gbaou. “J’ai longtemps pensé que tous les chocolatiers du monde étaient européens”, explique cet ancien banquier de 34 ans, titulaire d’un master en fiscalité, diplômé en droit public et sciences politiques.

En 2010, il décide de tout plaquer pour devenir artisan chocolatier et plus récemment, couverturier. C’est auprès du chef pâtissier de l’hôtel du Golf à Abidjan qu’il apprend le métier et fait ses premières armes.

Son projet de transformation des fèves de cacao ivoiriennes en chocolat “Made in Côte d’Ivoire” se concrétise en 2014. Il crée alors sa start-up avec deux de ses amis : Yvan Patrick Akré, graphiste et Community Manager, et Mac Arthur Kouassi, chargé du développement commercial.

Baptisée Instant Chocolat, la jeune entreprise est spécialisée dans la fabrication de chocolat artisanal et d’emballages personnalisés. Elle fabrique notamment des bonbons de chocolat au gingembre, à la banane plantain, au riz noir, à la pistache africaine, à la citronnelle ou encore aux chips de manioc.

Salon Terminé, belle réussite 🙂

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Depuis sa reconversion dans le chocolat, Axel Emmanuel Gbaou a reçu de nombreuses récompenses, notamment le titre de Champion de Côte d’Ivoire de chocolat – pâtisserie. En novembre 2016, l’équipe d’Instant Chocolat a participé au Salon du Chocolat de Paris, grâce un financement participatif mené sur la plateforme kiss kiss bank bank.

Dans les champs de cacao, les femmes encore victimes de discriminations

Plus récemment, l’entreprise a décidé de lancer un projet social et solidaire de transformation des fèves en plaquettes de chocolat. L’objectif : fournir un emploi aux épouses des cultivateurs de cacao.
 

“En dépit des progrès réalisés dans l’organisation de la filière, les femmes travaillant dans les champs de cacao sont victimes de discriminations et de grandes inégalités ; à titre d’exemple les formations agricoles ou financières restent inaccessibles aux femmes”, précise dans un communiqué la marque Instant Chocolat.

Au sein de la coopérative Ecoya, près de Yamoussoukro, les femmes employées par Instant Chocolat trient à la main les fèves de cacao puis les torréfient. La production des lingots de chocolat s’effectue à Abidjan, dans une petite unité artisanale.
 
L’entreprise affiche l’objectif de transformer 10 % du cacao issu des coopératives ivoiriennes en chocolat prêt à la consommation. Des produits moins chers que le chocolat importé et plus profitables aux producteurs locaux : les paysans africains perçoivent moins d’un 10e du prix de la tablette de chocolat vendue à l’étranger”, précise Axel Emmanuel Gbaou.
 

Ici, le produit fini est certifié équitable, c’est-à-dire “qu’il respecte des normes environnementales, que les agriculteurs sont mieux rémunérés, et que le travail des enfants  — un problème dans de nombreuses plantations ivoiriennes —  est banni”, rappelle l’AFP, citée par la RTBF.
 
D’ici trois ans, l’entreprise Instant Chocolat espère torréfier les fèves des 2 500 coopératives ivoiriennes productrices de cacao. De quoi, selon elle, fournir du travail à 250 000 femmes.

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