Imaginez un dispositif monté sur votre doigt, qui accompagnerait et guiderait vos lectures ligne par ligne, tout en convertissant le texte en audio en temps réel.
Spécialement conçue à l’attention des non-voyants, c’est l’une des dernières inventions des chercheurs du Media Laboratory du Massachussets Institute of Tehnology (MIT), qui sera présentée en avril, lors de l’Association Informatique des Interfaces entre l’Homme et la Machine (Association for Computing Machinery’s Computer-Human Interface).
FingerReader est une bague que l’on place sur l’index. Dotée d’une caméra, elle est capable de lire tous textes, puis de les prononcer grâce à voix artificielle, qu’ils soient sur support électronique ou papier. Avec cette bague, plus besoin de braille, de livres audio ou d’un proche pour faire la lecture. Pour la première fois, les aveugles pourraient lire en complète autonomie.
Munie d’une OCR (système de reconnaissance optique de caractères), la caméra détecte les lettres montrées du doigt, les mots effleurées et les changements de ligne. Quand les doigts dévient de leur trajectoire, elle vibre.
Jochen Huber, chercheur au Media Lab et principal auteur des dernières études publiées sur le prototype, explique :
Ce projet est porté par une petite équipe de six personnes. Ces derniers mois, elle a mené une étude sur un échantillon de non-voyants, qui ont été amenés à tester différents paramètres de la bague. L’un d’entre eux, par exemple, prévoyait deux moteurs de part et d’autre de l’extrémité du doigt. Les vibrations des moteurs indiquaient si le sujet devait lever ou baisser la machine.
Comme souvent, la clef de la performance du système réside dans l’algorithme qui fait fonctionner la caméra, elle-même mise au point par l’équipe. À chaque mouvement de l’utilisateur ou changement de ligne, l’algorithme émet une série de suppositions : la bague cherche à suivre la ligne des lettres, repérer les jambages et les lignes voisines, puis sélectionne l’emplacement de l’ensemble.
Une solution pour les dyslexiques
Ce même algorithme retrouve les mots situés hors du champ de vision de la caméra. De même, il réaligne les mots à l’aide d’un logiciel open-source, qui reconnaît les caractères au préalable.
Autre prouesse : le développement d’une version nouvelle, dont la lecture ne se ferait non plus grâce à la connexion entre la bague artificielle et un ordinateur, mais aussi à partir de smartphones Android. Une façon de démocratiser cet objet. Sur le site du MIT, Roy Shilkrot, membre du projet, et son équipe se disent “impressionnés par leurs propres découvertes” :
Selon eux, leur bague intelligente pourrait, une fois aboutie, profiter non seulement aux non-voyants, mais à toute personne souffrant de problèmes de lecture.
Lara Charmeil
Journaliste à WE DEMAIN
@LaraCharmeil