Comment est-il possible de découvrir encore aujourd’hui un demi-milliard d’hectares de forêts ? Constituées de baobabs ou d’acacias, ces forêts n’étaient pourtant pas cachées.
Jean-François Bastin, chercheur belge en écologie forestière de l’ULB (Université libre de Bruxelles) et de la FAO (organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), dirigeait initialement une équipe de scientifique dans le but de faire un recensement plus précis des forêts en zones arides.
C’est ainsi qu’ils ont fait une découverte inattendue : 467 millions d’hectares de forêts passées sous les radars ! Soit l’équivalent de la surface de la forêt amazonienne.
Les zones arides représentent 41,5 % de la surface de la Terre et sont le cœur d’un tiers des hotspots de biodiversité de la planète (zones représentatives de la biodiversité présentant une grande richesse d’espèces). Leur végétation joue ainsi un rôle crucial dans la lutte contre la désertification et dans la préservation de certaines espèces de végétaux et d’animaux.
Selon les scientifiques, cette nouvelle découverte augmenterait la superficie mondiale des forêts d’au moins 9 %. “Les différences sont particulièrement importantes en Afrique, où les chiffres sont doublés”, ajoute le chercheur en écologie forestière.
Le GIEC (Intergouvernmental Panel on Climate Change) estime que ces zones arides pourraient représenter plus de 50 % de la surface émergée d’ici 2 100. Des territoires qu’il est donc important de connaître pour mieux les protéger.
Comment est-ce possible ?
Si ces forêts nous sont restées inconnues jusqu’à ce jour, c’est à cause d’un défaut de détection par satellite. La méthode traditionnelle s’appuie sur des images satellites qui ne sont pas assez précises pour voir certaines forêts dans les zones arides.
C’est pour cette raison que les scientifiques de la FAO, en collaboration avec Google, ont mis en place un nouveau procédé. Il combine des données satellites, mises à disposition par Google, une nouvelle méthode de photo-interprétation développée par la FAO, et enfin, l’expertise participative coordonnée par plus de 200 opérateurs locaux.
Ainsi, le chercheur donne l’exemple d’une forêt de baobabs au Sénégal complètement invisible dans la cartographie classique. Pourquoi ? En partie parce qu’ils n’ont pas de feuilles pendant la saison sèche.