L’épargne solidaire ne connaît pas la crise. C’est la conclusion du 13ème Baromètre de la finance solidaire, paru le 20 mai. Réalisé par l’association Finansol, dont l’objectif est de promouvoir “une épargne éthique et humaine”, ce baromètre s’adresse autant aux acteurs du secteur (entreprises, banques) qu’aux investisseurs.
Un chiffre devrait particulièrement intéresser ces derniers : sur un montant total de 6,84 milliards d’euros placés depuis les débuts de l’épargne solidaire en France (années 1980-1990), ce sont pas moins de 818 millions d’euros qui l’ont été en 2014. Le secteur est en progression constante depuis quelques années, avec une croissance de 13,6 % depuis 2013.
Le baromètre ne se penche pas que sur le montant des fonds levés par l’épargne solidaire, mais aussi sur leur destination. Collectés auprès des organismes labellisés par Finansol, ces fonds ont notamment permis d’accompagner 5 000 personnes vers un logement décent, de créer ou de consolider 43 000 emplois ou encore de fournir 15 000 foyers en énergie renouvelable.
Les épargnants ont le choix entre plusieurs canaux pour effectuer un investissement socialement utile. La majorité de placements (60,5 %) provient des plans d’entreprises qui proposent à leurs salariés de placer leur épargne sur des fonds solidaires. En 2014, cependant, la croissance de cette épargne salariale a fortement ralenti, passant de 42 % en 2013 à 12 %, en raison des rendements qui ne sont pas toujours satisfaisants.
Second canal d’investissement responsable, les livrets de placements bancaires solidaires ont, à l’inverse, connu une progression record de 17,2 % en 2014. Le troisième canal étant celui de l’investissement direct (souscrire au capital d’une entreprise solidaire, etc…).
L’épargne solidaire, constituerait ainsi, selon Finansol, l’avenir de notre économie. Mais sa croissance pourrait ne pas profiter à tout le monde, comme l’avancent des économistes cités par Alternatives Économiques. Si des entreprises à but lucratif, et donc plus rentables, venaient à s’accaparer le marché en proposant des services plus compétitifs mais aussi plus chers que ceux des acteurs de terrain de l’économie sociale et solidaire, ces derniers pourraient se retrouver menacés. Et les personnes à faibles revenus risqueraient de perdre l’accès à ces prestations.
Publiées par le journal La Croix en partenariat avec France Info, les conclusions de ce baromètre sont disponibles sur le site de Finansol. Et pour les rendre intelligibles, l’association en a fait une infographie (voir ci-dessous).
Jean Duffour
Journaliste à We Demain
@JeanDuffour