Si vous connaissez un supermarché coopératif qui n’apparait pas sur cette carte, n’hésitez pas à nous contacter. Nous la mettrons à jour !
Le 27 avril, c’est un supermarché d’un nouveau genre qui va ouvrir ses portes à Rezé, au sud de Nantes : un supermarché coopératif. Chez Scopéli, les clients seront aussi copropriétaires et travailleurs bénévoles. Seuls les adhérents pourront y faire leurs courses.
Ce concept qui a mis du temps à s’implanter en France est aujourd’hui en plein essor. On compte une trentaine de supermarchés coopératifs dans l’Hexagone, ayant chacun plusieurs centaines d’adhérents. Un succès dont témoigne la carte ci-dessus.
Park Slope Food Coop et la Louve, des pionniers
Les premiers à s’être lancés dans cette aventure collaborative sont les fondateurs du supermarché Park Slope Food Coop, dans le quartier de Brooklyn à New York, en 1973.
Aujourd’hui, ce supermarché compte plus de 16 400 membres et propose des prix 30 à 40 % moins chers que dans les enseignes conventionnelles. Tom Boothe et Brian Horihan, deux Américains résidents en France, ont longtemps étudié son fonctionnement avant de lancer La Louve à Paris, le premier du genre en France.
Depuis le lancement de la campagne de crowdfunding en 2013 et l’ouverture officielle du magasin en novembre 2017, La Louve a fédéré plus de 6 000 membres. Tous les supermarchés coopératifs ensuite développés en France se sont inspirés de ces deux modèles.
Un modèle 100 % citoyens
Le modèle comporte toutefois des contraintes pour ses membres : ils doivent acheter une part sociale de la coopérative, d’en moyenne 100 euros, et doivent s’engager à donner trois heures de leur temps par mois pour s’occuper de la caisse, des livraisons, de la mise en rayon, du nettoyage, de la relation avec les producteurs ou encore de l’administratif, selon leurs compétences.
Cette participation permet de baisser les marges et donc de proposer des produits moins chers tout en rémunérant les producteurs à un juste prix. Et aux sociétaires de mieux choisir les produits qu’ils consomment.
Des réunions sont organisées régulièrement pour régler les questions d’organisation, proposer de nouveaux produits et pour voter de nouvelles décisions. Tout le monde a son mot à dire.
Les supermarchés coopératifs créent aussi de l’emploi. Par exemple, La Cagette, qui a repris les locaux d’une ancienne supérette comptant deux salariés, a aujourd’hui quatre salariés à son actif. La Louve en a 8, Supercoop à Bordeaux en a 2 et compte bientôt en avoir 5, SuperQuinquin à Lille en a 4…
Et d’autres projets émergent un peu partout. “Une cinquantaine de projets sont en cours. Notre objectif n’est pas de devenir un modèle universel ou de remplacer la grande distribution. C’est la standardisation qui est une catastrophe. L’idée c’est de déconcentrer, de multiplier les acteurs et de proposer des choses différentes adaptées à chaque région”, ajoute le bénévole de La Cagette.