Retrouvez l’article complet, “L’étendard sanglant est levé”, dans la revue We Demain n°27, en kiosque le 29 août et disponible sur notre boutique en ligne
Le sang abreuve les sillons des réseaux sociaux. Le sang, non pas impur mais glorieux, de la révolution menstruelle avec sa déferlante de petites culottes tachées, d’œuvres artistiques revendiquées 100 % female blood et d’actions d’agit-prop. Comme en mars dernier, lorsqu’une étudiante a déambulé dans le métro parisien avec un pantalon auréolé d’écarlate. Nom de code de l’opération : Tout tacher.
Une “problématique de société”
Quelques jours plus tard, la sexothérapeute américaine Demetra Nyx publiait, elle, une dizaine de clichés de son visage recouvert de peintures guerrières réalisées avec son sang menstruel : “Si une fillette quelque part se dit ‘Si Demetra s’en met sur le visage c’est que ce n’est pas si sale que ça’, on avancera. Affirmer que quelque chose vécu comme sale est propre et beau, c’est reprendre le pouvoir sur nos propres corps”, explique la thérapeute dans son podcast Sex, Love & Power.
Ses selfies n’ont pas été censurés, contrairement à ceux, en 2016, de Rupi Kaur, une poétesse canadienne qui avait posté sur Instagram une photo d’elle dormant dans son pyjama sali. Le combat n’en était alors qu’à ses prémices.
Le 28 mai, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, participait à la journée mondiale de l’hygiène menstruelle avant de réunir ministres, industriels et associations “pour convenir d’une stratégie innovante et inédite pour améliorer la vie des femmes”. Après une omerta millénaire, les ragnagnas devenaient officiellement une «problématique de société».
Blogs, sites, podcasts (Sang tabou sur Arte radio, Bon sang sur France TV), web doc (700 000 vues sur YouTube pour 28 jours réalisé par trois vingtenaires), les règles ont aussi leur festival (Sang rancune) et même un Oscar, celui du meilleur documentaire attribué cette année à “Period. End of Sentence”, de l’Irano-Américaine Rayka Zehtabchi. Enfin, le détail n’est pas anodin, elles ont depuis mars droit à leur emoji sur les smartphones (voir We Demain n°24). Après de multiples refus, le consortium Unicode, qui contrôle cet alphabet, a accepté d’intégrer à sa base une goutte de sang. Lire la suite dans le n°27 de la revue We Demain.