Un 1er mai sans muguet est-il encore un 1er mai ? L’épidémie de coronavirus et le confinement compliquent actuellement l’achat de fleurs. Mais un producteur horticole a eu une idée originale pour maintenir la tradition.
L’opération “Un brin de solidarité”, lancée par l’entreprise familiale Lilyval, permet à tout un chacun d’acheter du muguet en ligne, pour 3 à 8 euros, offert au personnel soignant.
La société se charge de la livraison le jour J, en priorité aux “services hospitaliers les plus impactés, soit l’Ile-de-France et l’Est”. De plus, 10 % du chiffre d’affaires est reversé à la Fondation pour la Recherche Médicale.
Des fleuristes fragilisés
Cette jolie action permet aussi à l’entreprise de survivre. “Le muguet est une culture qui demande beaucoup d’investissement physique et financier”, expliquent les fondateurs de Lilyval sur leur site. “Nous ne faisons que 3 récoltes sur 5 années de plantation.”
Lilyval travaille avec plus de 500 saisonniers chaque année. L’initiative entend donc éviter le gaspillage de cette fleur porte-bonheur tout en assurant la continuité des revenus des employés.
Et ces producteurs de muguet ne sont pas les seuls impactés : tout le secteur de la fleur est touché. Depuis le début du confinement, la Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) estime les pertes pour les vendeurs à 200 millions d’euros. Côté producteurs, elles s’élèvent à 360 millions selon la Fédération nationale des producteurs horticulteurs pépiniéristes (FNPHP).
Livraison ou drive de fleurs
Depuis la fin du mois de mars, ces commerçants sont autorisés à rouvrir, mais uniquement en proposant leurs services en livraison ou via un système de drive. Selon la FFAF, près de 20 % des 14 000 fleuristes français ont repris le travail en adoptant ces nouvelles habitudes.
Une carte a d’ailleurs été mise en ligne par le programme court de la chaîne M6 “Missions : végétal”, afin de trouver un point de vente près de chez-soi.
Une occasion pour certains de se réinventer et d’ouvrir les yeux des consommateurs. “La clientèle prend de plus en plus conscience que les fleurs viennent de très loin et qu’on peut acheter localement”, remarque dans Le Point un fleuriste parisien.