Peut-on ubériser le monde associatif ? La question peut paraître saugrenue, mais elle mérite d’être posée, tant ce secteur pèse en France : 1,3 million d’associations, pour 1,9 million de salariés et 15 millions de bénévoles. Autant de structures qui éprouvent souvent des difficultés à tirer profit des outils numériques pour se développer, notamment les plus petites d’entre elles – les plus nombreuses.
“Il existe chez nous, comme outre-Atlantique, une multitude de petites associations qui peinent à se faire connaître parce qu’elles n’ont pas encore pris le virage du numérique”, explique Sarah Assayag-Edery, une étudiante en marketing et communication de 21 ans.
C’est pour y remédier qu’elle a créé HumanGive avec Henri Hardillier, un ingénieur informaticien de 24 ans. Lancée en janvier 2016, cette plateforme se veut un “accélérateur de générosité”. Elle rassemble pour l’heure 150 associations, dont une vingtaine aux États-Unis (qui en en comptent 1,6 million), ainsi que 300 contributeurs.
Un projet web à vocation sociale pour lequel ses deux fondateurs viennent de remporter le prix 2gether des digischool Hype Awards, un concours qui récompense les jeunes entrepreneurs innovants, dont la deuxième édition s’est tenue à Paris fin avril.
Le premier réseau social des personnes engagées
Tout a commencé en hiver 2015 dans un café parisien. Sarah Assayag-Edery et Henri Hardillier, tous deux bénévoles dans des associations, font connaissance par le biais d’amis communs. Ils réalisent qu’ils partagent un même rêve : celui de créer une plateforme de dons simplifiée, une “sorte de boîte à outils pour la communauté citoyenne et associative”.
L’accent a été mis sur l’ergonomie. Sur la plateforme, accessible en français et en anglais, les associations, bénévoles et donateurs disposent tous du même espace, gratuit et personnalisable.
Générosité connectée
Les associations peuvent y gérer l’ensemble de leurs activités et tisser des liens avec d’autres acteurs du réseau. Elles disposent d’une vitrine internet sur laquelle elles peuvent se présenter, publier des informations, mais aussi lancer des campagnes de financement participatif ou créer des événements, grâce à une billetterie en ligne.
Même principe du côté des contributeurs ou des bénévoles. “Eux aussi ont droit à leur page. Et ils obtiennent des coeurs pour chaque bonne action : ils peuvent par exemple signer une pétition, donner à une association, tout en prenant connaissance d’un événement gratuit organisée par une association près de chez eux.” Ce principe, c’est celui de la “générosité connectée”, auquel les fondateurs de ce réseau social prédisent un bel avenir.
N’étant pas encore salariés de leur plateforme, ils se rémunèrent en partie – tous deux travaillent par ailleurs- grâce à la commission de 8,5 % qu’ils prélèvent sur “les mouvements bancaires externes”. Une commission qu’il souhaitent supprimer d’ici trois ans, quand HumanGive rassemblera, ils l’espèrent, des milliers d’associations.
C’est dans cet objectif que les deux entrepreneurs ont simultanément lancé leur plateforme des deux côtés de l’Atlantique, avec un système de conversion de devises. Les expatriés peuvent ainsi donner à des associations situées loin de leur lieu de vie du moment. En aidant simultanément, par exemple, le club d’aviron de leur ville de résidence et l’association de protection à la petite enfance de leur ville d’origine.