À la Maison de Blandine, la retraite, c'est la vie partagée

À l'heure du déjeuner, chacun peut mettre son grain de sel et participer à la préparation de la cuisine. - © Matthieu Delaty / WE DEMAIN

Publié le par Florence Santrot

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

  • Près de Lyon, la Maison de Blandine offre une alternative aux maisons de retraite traditionnelles : un habitat partagé pour seniors, où la vie collective, l’entraide et les liens intergénérationnels redonnent du sens à l’avancée en âge.
  • Imaginé en 2017 par une infirmière, ce modèle chaleureux et profondément humain essaime progressivement dans la région lyonnaise. Il séduit citoyens et collectivités, sans chercher à se transformer en franchise.
  • Bien plus qu’un simple lieu de vie, c’est un projet de société : une réponse concrète et locale pour bien vieillir ensemble, dans la joie, la dignité et le partage.

Limonest (Rhône, 69), Auvergne-Rhône-Alpes – Dans une rue tranquille, à quelques encablures du centre-ville de Limonest, à une dizaine de 10 kilomètres du centre de Lyon, une bâtisse aux volets blancs vibre d’une énergie peu commune. On y entend rire, discuter, cuisiner. Bienvenue à la Maison de Blandine, un habitat partagé pour personnes âgées qui casse les codes de la maison de retraite traditionnelle.

Ici, les journées sont rythmées par la vie en commun, les projets partagés et les liens intergénérationnels. Un petit monde à part, ancré localement, qui redonne du sens et du goût à la vieillesse. Une nouvelle manière d’habiter et de s’entraider alors que la part de personnes âgées augmente chaque année et devrait doubler à horizon 2060.`

Un modèle d’habitat partagé qui prend racine

Blandine de Traverse a lancé son projet en décembre 2017. Elle rencontre : “Confrontée en tant qu’infirmière libérale à l’isolement social, au sentiment d’abandon et d’inutilité des personnes âgées, je rêvais de petits lieux de vie pour les remettre en mouvement, les aider à redevenir vivants. Mes patients me touchent, ils sont tous dotés d’une histoire, d’un savoir, de bagages qui ne demandent qu’à être transmis, valorisés.”

Outre la maison de Limonest, huit autres résidences ont été créées dans la région et une petite dizaine d’autres sont en cours de création. Blandine nous fait visiter les espaces communs comme les cuisines où tout le monde met la main à la pâte au moment du repas. “Comme à la maison.”

Blandine de Traverse a imaginé cette maison de retraite d'un genre nouveau en 2017. © Matthieu Delaty / WE DEMAIN

La Maison de Blandine, une idée qui essaime

Il règne une ambiance joyeuse autour de Juliette, une jeune voisine bénévole venue partager ses recettes avant de les emmener faire une balade en voiture. L’un des couples de jeunes “habitants” vient faire la bise à Christa, comme si elle était de leur famille. “On ne s’ennuie pas ici, il n’y a pas de routine, le logement, c’est le mouvement.”

Blandine de Traverse reçoit de plus en plus d’appels de collectivités, d’associations ou de particuliers qui souhaitent reproduire le modèle ailleurs. “Je ne veux pas créer une franchise, mais semer des graines, précise-t-elle. Chaque maison doit rester à taille humaine, ancrée dans son territoire.”

Le bien vieillir, un projet de société

Loin des grandes réformes ou des promesses nationales, la Maison de Blandine montre que la transition sociale et humaine peut commencer dans une rue de quartier. Elle propose un nouveau regard sur la vieillesse, non comme un naufrage, mais comme un moment de partage, d’échange, de transmission.

Et si c’était cela, la vraie innovation sociale ? Une maison pleine de vie, où l’on vieillit debout, ensemble, les mains dans la pâte et le cœur encore curieux.

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