Le bambou, la nouvelle arme industrielle de la Chine contre le plastique
Le plastique de bambou peut être utilisé dans de très grands nombres de cas. - © Natalia Klenova / stock.adobe.com
Publié le par Florence Santrot
Face à l’explosion des déchets plastiques, la Chine accélère sur une alternative végétale : le bambou. Vaisselle, emballages, matériaux composites et même bioplastique haute performance… Cette ressource à croissance rapide pourrait devenir l’un des outils de la sortie du plastique fossile, à condition de ne pas en faire une nouvelle excuse au jetable.
Merci de ne pas taper sur le bambou. Souvent considérée comme une espèce envahissante dans les jardins, cette fleur monocotylédone, originaire d’Asie et d’Amérique, présente pourtant bien des avantages. Il pousse en tiges serrées, file vers le ciel en quelques semaines, se coupe sans tuer la plante et se transforme depuis des siècles en maisons, paniers, baguettes, meubles ou échafaudages. Le bambou n’a rien d’un nouveau venu. Mais en Chine, il change de statut. Il n’est plus seulement un matériau traditionnel ou un symbole de sobriété naturelle. Il devient l’un des candidats à la succession du plastique fossile.
Le plastique a longtemps gagné parce qu’il savait presque tout faire : protéger, emballer, alléger, isoler, durer… Le problème, précisément, c’est qu’il dure. Des décennies après usage, il reste là, fragmenté en microplastiques, dispersé dans les sols, les océans, les rivières, l’air, les organismes vivants (y compris l’être humain). À l’échelle mondiale, plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, dont une grande partie pour des usages très courts. Face à cette contradiction devenue intenable, les alternatives biosourcées ne sont plus regardées comme de simples gadgets. Elles deviennent un terrain de bataille industriel. Vaisselle, emballages, papier, pièces moulées, matériaux intérieurs pour l’automobile, bioplastiques de nouvelle génération : la filière chinoise avance vite. Trop vite pour être résumée à une jolie histoire de plante écologique. Derrière le bambou, il y a une stratégie industrielle, une politique publique, des laboratoires, des villes pilotes et une promes
Une filière bioplastiqueorganisée par l’État
Déjà abonné(e) ? Activez votre compte ou connectez-vous en un clic.
Je continue