Eau sous tension : la France à l'heure des choix radicaux
Un champ de tournesols asséché par les fortes chaleurs. - © Oscar / stcok.adobe.com
Publié le par Florence Santrot
D’ici 2050, certaines régions françaises pourraient rester jusqu’à huit mois sans ressources hydriques suffisantes, prévient le Haut-Commissariat au Plan et à la Stratégie. Une projection qui illustre l’ampleur des tensions déjà visibles aujourd’hui.
La France a-t-elle déjà basculé dans une crise durable de l’eau ? Nul besoin d’attendre 2050 pour en percevoir les effets. La sécheresse ne se résume plus à quelques canicules spectaculaires ou à des restrictions estivales temporaires. Désormais, le stress hydrique prend une forme plus insidieuse, diffuse, et s’installe dans la durée. Baisse des rendements agricoles, multiplication des feux de forêt… Plusieurs experts alertent sur un basculement en cours du régime hydrologique français, marqué par des sécheresses pluriannuelles, une recharge déficitaire des nappes phréatiques et une concurrence accrue entre les usages. Le Haut-Commissariat au Plan et à la Stratégie (HCSP) vient de publier une note d’analyse au titre explicite : ”L’eau : de graves tensions sur les écosystèmes et les usages à l’horizon 2050”.
Les prévisions ne sont guère optimistes. “Sauf transformation radicale des usages, les prélèvements en eau et plus encore les consommations – soit la part évapotranspirée du prélèvement – devraient fortement croître entre 2020 et 2050”, alerte le HCSP. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), 61 % des nappes étaient déjà en baisse début mai 2025. Une vidange amorcée sur une large partie du territoire.
Dans certaines zones, la situation est particulièrement critique : nappes du Roussillon et du massif des Corbières à des niveaux bas à très bas, avec des prévisions jugées “très pessimistes” pour le printemps et l’été. Début août 2025, 39 % des points d’observation affichaient des niveaux sous les normales mensuelles, contre seulement 17 % à la même période un an plus tôt. Ces chiffres confirment une tendance structurelle, bien au-delà de simples variations saisonnières.
2050 : jusqu’à huit mois d’eau insuffisante pour les écosystèmes
Pour comprendre les enjeux, Simon Ferrière, chef de projet au sein du département Environnement au HCSP et co-auteur de la note, rappelle un ordre de grandeur dans une webconférence organisée en juillet dernier : “Tous les ans en France en moyenne, on a 500 milliards de mètres cubes d'eau qui tombent sous forme de précipitation. Et parmi ces 500 milliards, il y en a 60 % qui sont évapotranspirés […] Les 40 % restants, c'est l'eau renouvelable […] vitale pour les écosystèmes et que nous pouvons mobiliser pour nos différents usages tels que la production d'énergie, l'industrie, l'eau domestique, l'agriculture, etc.”
La France est divisée en 40 bassins versants. Pour chacun, le HCSP a estimé, à l’horizon 2050, le nombre de mois où les besoins environnementaux ne seront pas satisfaits, selon deux scénarios : printemps-été sec ou printemps-été hum
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