neige marine et cheminée hydrothermale

Connaissez vous la neige marine ?

Une cheminée hydrothermale sous une pluie de neige marine. Cette photographie a été prise par l’engin sous-marin Nautile lors de la campagne Big dans les eaux mexicaines. Crédit : Ifremer.

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Dans l’obscurité infinie des abysses, une pluie silencieuse s’abat jour après jour, quelle que soit la météo en surface : c’est la neige marine. Loin des flocons légers qui tourbillonnent dans l’air l’hiver, cette poussière abyssale se compose de fragments d’organismes, de débris bactériens et d’excréments, qui tombent depuis les étages supérieurs de l’océan vers les plaines abyssales, à plus de 4 000 mètres de profondeur. Invisible depuis la surface, elle nourrit pourtant un monde insoupçonné, où la vie a su défier le froid, la pression et l’obscurité totale.

Car la neige marine n’en est pas vraiment une. Il s’agit en réalité des restes d’organismes provenant des étages supérieurs de l’océan. “Outre les animaux et les plantes morts, la neige marine contient également des matières fécales, du sable, de la suie et d’autres poussières inorganiques”, détaille le National Ocean Service américain (NOAA). Les scientifiques considèrent que la genèse de la neige marine commence là où la lumière s’éteint. À partir de la zone euphotique (entre 0 et 200 mètres), saturée de phytoplancton, et de la zone mésopélagique (200-1 000 m), riche en zooplancton et en carcasses d’animaux, se détachent des agrégats organiques. Ces flocons microscopiques, faits de débris de diatomées, de copépodes, de bactéries et d’excréments, forment de véritables “villes flottantes” pour des micro-organismes qui s’y trouvent piégés.

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