“On ne sauvera rien si on ne sauve pas la forêt”
Chanee, fondateur de Kalaweit, est tombé amoureux des gibbons alors qu’il était adolescent en France. Il vit depuis 27 ans en Indonésie. Crédit : Kalaweit.
Publié par Florence Santrot | Mis à jour le
Installé depuis près de trente ans en Indonésie, Chanee, alias Aurélien Brulé, est un Français qui a fait de la sauvegarde des gibbons et de la forêt tropicale indonésienne son combat quotidien, au plus près du terrain. Rencontre.
Tout le monde l’appelle Chanee mais à l’état civil, il se nomme Aurélien Brulé. Depuis 27 ans, ce français vit en Indonésie. Installé au cœur de la forêt de Bornéo, il y vit avec sa famille et les gibbons, des singes qui vivent exclusivement dans les arbres. Fondateur de l’ONG Kalaweit, il agit sans relâche pour protéger les poches de forêt tropicale encore intactes, à travers un modèle d’achat ou de cogestion foncière avec les villages. Une stratégie précise, exigeante, mais terriblement efficace dans un pays où la déforestation avance à marche forcée.
Chanee mène une action résolument locale, fondée sur l’écoute des communautés, l’observation du terrain et la réactivité face à des menaces toujours plus pressantes. Ses armes ? L’hydravion pour survoler la canopée, les accords fonciers pour couper court aux convoitises industrielles, et une présence constante, indispensable pour bâtir la confiance. Entretien avec un homme de terrain, convaincu que seule l’action protège de la désespérance.
WE DEMAIN : Quelle est la situation aujourd’hui sur le terrain à Bornéo ?
Chanee : Aujourd’hui, on est vraiment en train de sauver les meubles. Si on ne fait rien, on perd tout. Donc on repère, on cartographie, on survole en hydravion, on discute avec les villages. Et quand tout est réuni, on lance les achats pour sanctuariser la forêt.
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