Samedi 10 octobre, 14 heures. Une dizaine de personnes attendent l’ouverture des portes du Pôle innovant lycéen dans le 13e arrondissement de Paris. L’école héberge un “repair café”, autrement dit un atelier de réparation itinérant. Le concept est né aux Pays-Bas en 2009.
Dans la capitale, où ils ont été lancés en 2013, comme partout en France, les repair cafés partagent un objectif : donner une seconde vie aux vêtements usés, petits appareils électroménagers endommagés et autres ordinateurs en panne, plutôt que les jeter. Le succès a été immédiat.
Quand on sait que, d’un point de vue économique, 70 % des appareils électroménagers déposés en décharge valent le coup d’être réparés, jeter devient vite une hérésie. Contrairement à l’idée reçue, les repair cafés ne sont pas gratuits.
Certes, ces ateliers sont animés par des bénévoles qui proposent gracieusement leurs services, mais l’adhésion à l’association (à partir de 5 euros par an) ou les dons sont fortement encouragés pour soutenir cette démarche. Parmi les 85 participants du jour, Éric, 58 ans, est venu rafraîchir le col d’une veste beige. Martine se prête de bonne grâce à sa requête, tout en le faisant participer à hauteur de ses compétences.
Deux tiers des objets sont réparés
Plus loin, l’atelier 3 E, spécialisé dans les équipements électriques et électroniques, ne désemplit pas. Ce samedi, dès l’ouverture, Nathalie s’est présentée accompagnée d’un grille-pain mal en point. Un quart d’heure plus tard, elle était installée avec Jean à la table des autoréparations. “J’aurais pu choisir la table des réparations mais j’avais envie de participer pour apprendre quelques bases”, justifie-t-elle. Après deux heures de bricolage collaboratif, reconnaissante, elle lance : “Je penserai à ce monsieur tous les matins !”
Ruoquian et son frère Jinrui n’ont pas eu la même chance : la panne de leur téléviseur grand angle n’a pas été réglée. “Nous ne sommes pas là pour nous substituer aux réparateurs professionnels”, avertit immédiatement Benoît Engelbach. Si la réparation est complexe ou si elle nécessite trop de temps, les bénévoles aiguillent vers des spécialistes.
Bonne nouvelle cependant : jusque-là, près des deux tiers des objets apportés (ou rapportés avec la pièce de rechange commandée entre-temps) ont pu être remis sur pied. Et dans tous les cas, les participants aux ateliers repartent avec le sourire, contents d’avoir cherché – et souvent trouvé – une alternative au gaspillage.
Sandra Franrenet