"Il faut passer d'une économie de la mort à une économie régénérative"
Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs du développement durable (C3D). - © Claire Grandnom / C3D
Publié le par Vincent Rondreux
La “croissance verte” ? Un leurre pour rassurer et surtout ne rien changer. Censée concilier économie et écologie, elle ne fait qu’aggraver la crise. Fabrice Bonnifet, ancien directeur du développement durable de Bouygues et président du Comité des directeurs de développement durable (C3D), plaide pour une bascule radicale vers un modèle régénératif fondé sur la sobriété, l’usage plutôt que la possession, et les entreprises au service de la restauration des écosystèmes.
Malgré les alertes des scientifiques depuis des décennies, les émissions de gaz à effet de serre augmentent toujours, et les conséquences s’aggravent et s’aggraveront encore, selon eux. Comment analysez-vous cette situation ?
L’humanité n’a juste pas pris la mesure de la gravité du sujet. L’idéologie économique est plus forte que les appels à la lucidité des scientifiques. Le dérèglement climatique n’est qu’un des symptômes de la question de fond : l’anéantissement du vivant. La cause primaire, c’est le système économique linéaire : extraction, production, vente, utilisation, élimination. Le problème, ce sont les modes de vie des pays à hauts revenus, et des “riches” partout ailleurs. L’enjeu est de consommer mieux, et surtout moins.
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