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À Berlin, ce food-truck ne cuisine que des espèces invasives

Les espèces invasives sont de véritables fléaux environnementaux. Pour lutter contre le phénomène, le restaurant allemand Holy Crab propose une solution originale : les manger !

Par Pauline Vallée I Publié le 26 Août 2019


Bols, salades, pâtes fraîches, petits pains… À première vue, le menu du Holy Crab ne diffère pas vraiment de celui de ses concurrents. Ce food-truck berlinois, cofondé en 2018 par Lukas Bosch Juliane Bublitz et le chef Andreas Michelus, propose pourtant des recettes un peu particulières : les plats à base de crustacés sont réalisés uniquement à base d'espèces invasives, comme  le crabe chinois ou l’écrevisse de Louisiane.

S’il existe des problèmes écologiques avec un goût aussi délicieux, alors nous devrions pouvoir les résoudre”, résume Lukas Bosch dans le quotidien Berliner Morgenpost.

Le projet est un moyen original de marier gastronomie et protection de l’environnement. Les espèces exotiques envahissantes représentent en effet un véritable fléau pour les écosystèmes dans lesquels elles sont introduites. Certaines espèces exotiques s’adaptent, se développent rapidement et entrent en compétition avec la faune locale pour l’accès aux ressources naturelles.


Elles peuvent également devenir des prédateurs redoutables, conduisant à l’extinction d’espèces endémiques. C'est par exemple le cas du  plathelminthe, un "ver géant" qui menace le ver de terre en France. 
 

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Le crabe chinois, l'écrevisse de Louisiane et l'écrevisse américaine utilisés par le Holy Crab ont ainsi été classés en 2016 dans la liste des espèces invasives jugées “préoccupantes” par la Commission européenne. Pour preuve, 38 000 écrevisses de Louisiane ont été pêchées en 2018 dans les seuls parcs de Tiergarten et de Britzer selon l’Administration de l’environnement de Berlin.


Vous reprendrez bien un peu de raton-laveur ?

Les crustacés ne sont pas les seuls espèces envahissantes à figurer au menu. L’équipe concocte aussi des petits plats à base de poissons locaux, comme la carpe de roseau, qui figure également sur la liste établie par la Commission, et de sanglier, dont la population a grimpé en flèche ces dernières années. Elle ne compte pas s’arrêter là : “Notre menu va s’enrichir dans les prochaines semaines en intégrant du ragondin, du raton-laveur et de la bernache du Canada, qui sont aussi invasifs.

Le meilleur moyen de lutter contre ce phénomène d’invasion biologique reste de le prévenir. L’homme reste le grand responsable de l’importation, volontaire ou non, d’espèces exotiques sur un territoire. À garder en tête avant de rapporter, depuis l’autre bout du monde, une plante tropicale ou un petit animal dans ses valises.












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