Un homme souriant tenant un melon dans une serre.
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À Marinaleda, on cultive le collectif

Marinaleda, en Andalousie : derrière ses airs paisibles, le village incarne depuis plus de quarante ans une expérience unique d’autogestion, où travail, logement et terres agricoles sont pensés comme des biens communs.

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La chaleur est écrasante. Des hommes, chapeaux de paille sur la tête, jouent en terrasse à une partie de tute – “un jeu de cartes populaire, ici”, précise l’un d’eux. Tandis que des ouvriers sortis des champs dégustent au bar d’appétissantes tapas. Chaque midi, ils se retrouvent au “syndicat”, leur QG, où une pancarte suspendue au toit indique : “L’utopie vers la paix. Un autre monde est possible.” Ils ont l’air de se la couler douce ? Ils le peuvent. Ici, ils ont tous un travail et perçoivent un salaire mensuel de 1 300 euros, plus que le smic national. Tandis que leurs loyers s’élèvent à 15 euros et leurs impôts figurent parmi les plus bas de la région. Leurs élus, eux, ne touchent pas un centime.

La crèche ? C’est 12 euros par mois. Aucune police ni délinquance, ici. Un conte de fées ? Non, une aventure socialiste en marche depuis plus de quarante ans à Marinaleda, village autogéré de 2 570 âmes, perdu au milieu de terres désertiques, à 100 kilomètres de Séville. Pour y parvenir, ils ont dû mener des luttes acharnées. “C’est ici que tout a commencé”, indique Antonio-le-Moustachu, en nous montrant le local resté dans son jus aux murs pistache tapissés, comme à Cuba, des portraits du Che.

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