Autopsie d'un crime raciste : abattu de cinq balles par son voisin, car Tunisien
Le 31 mai, à Puget-sur-Argens (Var), Christophe B. tuait son voisin tunisien, Hichem Miraoui. - © Bob / stock.adobe.com
Publié le par Frederic Joignot
À Puget-sur-Argens, Hichem Miraoui est tué pour ce qu’il est : un immigré. Pour l’historien Francisco Bethencourt, ce drame n’est ni un dérapage ni un fait divers, il démontre un racisme instrumentalisé – toujours politique, jamais anodin. Décryptage.
“Ce soir, on dit stop, stop aux islamiques de mes deux. Putain de Français de mes deux, là, réveillez-vous, sortez vos couilles, allez les chercher là où ils sont. Vous allez voir ce soir. Ce soir on fait un carton, ce soir on va s’amuser, ce soir je vais mourir, je vais crever. Moi, y a pas d’allégeance à Al-Qaida ou quoi que ce soit, moi, c’est l’inverse, c’est l’allégeance au bleu-blancrouge.” Voilà en substance le post qu’a publié Christophe B. sur Facebook avant de tuer son voisin Hichem Miraoui, un Tunisien de 46 ans, et de blesser un ressortissant kurde.
C’était en mai 2025, à Puget-sur-Argens (Var), un bourg qui a voté à 59,40 % RN aux dernières législatives. “Non seulement il l’a tué... mais il l’insultait quand il rentrait chez lui... il l’insultait dans le couloir... il taguait son scooter...”, témoignait l’une de ses voisines. L’enquête a révélé que Christophe B. fréquentait des sites d’extrême droite et postait sur Facebook des propos haineux envers les “bicots”, les “sans-papiers”, “les islamiques”, tout en appelant à voter RN.
Un climat de haine qui gangrène les territoires
Lors des deux marches blanches, les habitants ont salué la mémoire d’un homme apprécié pour sa gentillesse et son engagement local. Mais pour beaucoup de Français musulmans vivant dans ce département, ce meurtre incarne le climat de haine qui gangrène les territoires où le RN prospère, et rappelle la banalisation des discours antimusulmans dans certains médias ou au sein même du pouvoir.
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