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3 grands défis que la COP27 aura à affronter

La COP27 débutera d’ici un mois en Égypte à Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge. Et ce, alors même que les crises se multiplient. Guerre en Ukraine, été caniculaire en Europe, fortes sécheresses dans la corne de l’Afrique, incendies à répétition, inondations géantes au Pakistan, crise énergétique attendue cet hiver, inflation généralisée… la situation est pour le moins compliquée aux quatre coins de la Terre.

Autant d’arguments pour inciter tous les pays qui seront présents lors de la COP27 à collaborer et prendre de vraies décisions pour lutter contre le réchauffement climatique. Ce n’est que comme cela que l’on pourra relever les plus grands défis de l’humanité. Et, malgré les réticences, il importe de donner toute sa chance à cette conférence.

Des objectifs de réduction des émission de gaz à effet de serre renforcés

Au sortir de la COP26, les pays participants ont été enjoints à revoir et renforcer leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030. Objectif : respecter l’Accord de Paris. Celui-ci qui vise à limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degrés C (2,7 degrés F). Jusqu’à présent, seuls 23 pays ont présenté des Contributions déterminées au niveau national (NDC) nouvelles ou mises à jour depuis la COP26. L’Inde, L’Égypte, l’Indonésie, l’Australie, le Mexique, la Turquie, le Vietnam ou encore le Chili ont accepté de faire des efforts supplémentaires.

En revanche, l’Union européenne ne s’est pas manifestée. Et il est fort possible qu’à l’heure de la crise énergétique, aucune nouvelle promesse ne soit faite. Surtout quand on sait que plusieurs pays rouvrent ou augmentent la production de leurs mines de charbon. Même si des efforts sont également consentis en matière d’énergies renouvelables, la COP27 devrait constater que l’écart se creuse entre les niveaux des GES et l’objectif de l’Accord de Paris.

Un financement mondial pour faire face aux catastrophes naturelles

C’était une des questions majeures laissées en suspens au terme de la COP26 qui s’est tenue à Glasgow en 2021 (et qui est considérée comme un échec). Comment financer les réparations qui seront nécessaires pour faire face aux catastrophes naturelles. Des drames qui risquent de se multiplier avec le dérèglement climatique. Incendies, sécheresse, hausse du niveau de la mer, inondations… autant de tragédies auxquelles nous devrons faire face de plus en plus souvent. Et qui sont très coûteux pour reconstruire derrière.

Début juin dernier, lors de la conférence de Bonn sur les changements climatiques, une poignée de pays, parmi les plus vulnérables, a voulu remettre le sujet sur la table des négociations en vue de la COP27. Pour l’heure, les pays les plus riches – États-Unis et Europe notamment – rechignent à abonder dans leur sens. Il semble donc peu probable qu’un financement formel pour répondre aux catastrophes naturelles soit voté lors de la COP27. Mais le sujet sera mis sur la table par les pays en voie de développement.

Faire progresser le Bilan mondial (ou Global Stocktake, en anglais)

C’était un des engagements de l’Accord de Paris lors de la COP21 en 2015. Ce Bilan mondial – ou GST pour Global Stocktake – vise à évaluer les progrès collectifs des différents pays. Objectif : avoir une vision d’ensemble des progrès (ou non) à long terme en matière d’atténuation, d’adaptation et de financement. Avec ce bilan chiffré détaillé, le but est d’aider les pays à comprendre là où ils doivent porter leurs efforts en priorité. Le but est de réduire leur empreinte carbone et de tenter de respecter l’objectif des +1,5 °C.

Le premier bilan mondial a débuté en 2021, lors de la COP26. Il se terminera en 2023 lors de la COP28, qui se tiendra aux Émirats arabes unis. À Glasgow, les pays et acteurs non étatiques ont été appelés à soumettre des informations susceptibles d’alimenter le processus. Lors de cette COP27 en Égypte, les dialogues techniques se poursuivront pour examiner les informations recueillies. Le but n’est pas seulement de constater les écarts (et le retard) avec les objectifs fixés. Mais surtout de hiérarchiser les actions pour avancer au plus vite. Le hic, encore et toujours, est qu’il manque une autorité contraignante sur le climat

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