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COP26 : Quels enjeux pour les océans ?

L’océan est le plus grand puits carbone de la planète. Il devrait donc être au coeur des décisions prises lors de la COP26, le prochain sommet sur le climat.

Le 08/06/2021 par Sofia Colla
océans COP26
L’océan absorbe environ 23 % des émissions de CO2 annuelles dans l’atmosphère. Un élément clé à prendre en compte lors de la COP26. (Crédit : Shutterstock)
L’océan absorbe environ 23 % des émissions de CO2 annuelles dans l’atmosphère. Un élément clé à prendre en compte lors de la COP26. (Crédit : Shutterstock)

L’océan est le plus grand puits carbone de la planète. Et le plus grand régulateur du climat. L’objectif principal de la COP26, prévue en novembre prochain à Glasgow, étant de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est primordial de prendre en compte les océans. 

Ces derniers absorbent en effet environ 23 % des émissions de CO2 annuelles dans l’atmosphère. Ils permettent aussi de capter plus de 90 % de l’excès de chaleur provoqué par ces gaz à effet de serre, selon le GIEC. Les premiers mètres de l’océan stockent autant de chaleur que l’atmosphère entière de la planète.

Les écosystèmes marins, comme les mangroves ou les marais salants, sont quant à eux dix fois plus efficaces pour séquestrer le dioxyde de carbone que les forêts terrestres. 

L’océan, un outil pour lutter contre le réchauffement climatique

“Malgré leurs avantages de séquestration massifs pour nous, l’activité humaine détruit ces habitats côtiers à un rythme alarmant. De sorte que la protection de ces actifs de carbone bleu doit être une priorité pour l’action climatique et océanique”, rapporte dans une lettre ouverte Peter Thomson, envoyé spécial des Nations Unies pour l’océan, à Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la CCNUCC.

En retour, les émissions excessives ont des conséquences sur les écosystèmes marins. Elle accélère leur acidification, à laquelle des espèces ne peuvent s’adapter. C’est notamment l’une des causes de la disparition des récifs coralliens. D’après le GIEC, 90 % des récifs tropicaux sont amenés à disparaître. Même si le réchauffement climatique est limité à 1,5°C.

Peter Thomson s’inquiète aussi de cet impact des activités humaines : citant une étude publiée dans la revue Nature, il rappelle que le chalutage de fond par exemple libère plus de dioxyde de carbone que l’industrie mondiale de l’aviation civile.

Plus de financements pour les océans

L’un des grands objectifs de cette COP26 vis-à-vis des océans serait d’augmenter les financements en faveur de leur préservation. “La COP26 présente la meilleure opportunité pour le monde de faire avancer de manière décisive l’aiguille du financement climatique dans le sens de l’océan”, insiste l’envoyé spécial de l’ONU dans sa lettre. 

Fin 2020, les dirigeants de 14 pays côtiers se sont réunis afin d’élaborer un programme d’action pour protéger les océans. Peter Thomson cite leur travail dans sa lettre ouverte. Ces travaux montrent qu’il existe des solutions pour baisser fortement les émissions de CO2. 

Le Panel océanique a démontré que les options d’atténuation basées sur les océans pourraient réduire les émissions de GES de près de 4 milliards de tonnes de CO2 par an en 2030 et de plus de 11 milliards de tonnes par an en 2050, par rapport aux émissions prévues dans le cadre du statu quo. Des réductions de cette ampleur sont plus importantes que les émissions de toutes les centrales électriques au charbon actuelles dans le monde”, rapporte-t-il.

Des recommandations pour la COP26

De son côté, le collectif Océan & Climat a publié un plaidoyer de 20 recommandations. Celui-ci s’adresse notamment aux décideurs politiques de la COP26. Son objectif : “inciter les Parties à la CCNUCC, initiatrice de la COP26, à intégrer des mesures d’atténuation et d’adaptation liées à l’océan dans les mécanismes prévus par l’Accord de Paris”.

Le collectif, qui compte plus de 90 organisations, propose plusieurs solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au secteur de la pêche et de l’aquaculture, ou encore du transport et des services maritimes. 

Pour développer les énergies marines renouvelables, tout en préservant la biodiversité. Ou encore pour protéger et restaurer les écosystèmes océaniques et côtiers. Enfin eux aussi recommandent aux décideurs de la COP26 d’accroître les ressources financières dédiées à l’océan.

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