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Written by 17 h 48 min Déchiffrer, Tech-Sciences

Risques climatiques : en matière d’assurance, Descartes Underwriting mise sur l’anticipation

L’assurance paramétrique, comme proposée par le français Descartes Underwriting, apparaît comme une nouvelle solution pour les entreprises face aux risques climatiques.

Le 21/07/2023 par Florence Santrot
Descartes Underwriting
Group of two scientists observing and tracking hurricane on map and analyzing weather. Elements of this image furnished by NASA.
Group of two scientists observing and tracking hurricane on map and analyzing weather. Elements of this image furnished by NASA.

Lauréate du concours AI Contest 2022 mené par Google, la start-up française Descartes Underwriting est ce qu’on appelle une assurtech. C’est-à-dire une société technologique orientée vers l’assurance. Concrètement, elle s’efforce de mettre l’intelligence artificielle (IA) au service de l’anticipation des risques climatiques. Face aux catastrophes « naturelles », elle veut permettre aux entreprises de s’assurer plus finement en fonction des dangers encourus.

Car force est de constater que le réchauffement climatique provoque de plus en plus souvent des sinistres aux conséquences dramatiques. En moyenne, ces dernières années, les assureurs français ont versé 3,5 milliards d’euros d’indemnités pour réparer des dégâts de ce type. Mais 2022 a été une année record : environ 8 milliards d’euros d’indemnités déboursés pour les sinistres climatiques (fortes grêles, sécheresse intense, mégafeux…). C’est plus de deux fois la moyenne de ces cinq dernières années.

À lire aussi : Estelle Guyon Abinal (AXA France) : « Un assureur ne gère pas uniquement les risques, il contribue à les prévenir »

Une assurtech qui opère au niveau mondial

Inondations soudaines, épisodes de grêle violents, feux de forêt, cyclones et tempêtes, éboulements et glissements de terrain… S’il semble impossible de les empêcher, Descartes Underwriting a développé une solution pour tenter de mieux anticiper ces risques climatiques. Comment ? En analysant de très larges volumes de données climatiques. Elle se pose ensuite comme un agent de souscription, c’est-à-dire un intermédiaire entre les courtiers et les assureurs. La start-up prélève un pourcentage sur les primes distribuées.

La technologie de Descartes Underwriting s’adresse aux entreprises afin de leur proposer des assurances pilotées selon les dangers qui menacent leurs outils de production. « Un seuil de couverture est défini avec le client selon le risque encouru. Si ce dernier est dépassé, le client est indemnisé », détaille Descartes Underwriting sur son site. La prime est donc versée en fonction de paramètres climatiques prédéfinis, c’est ce qu’on appelle de l’assurance paramétrique. Le déclenchement des garanties est donc automatique (suivant les paramètres validés en amont) et le règlement des indemnités instantané.

12 bureaux, 7 pays, 350 clients et l’aide de l’IA pour Descartes Underwriting

Après avoir levé tout début 2022 quelque 120 millions d’euros pour finaliser son outil d’assurance paramétrique, la société s’est développée à l’international. Fondée en 2018, elle compte aujourd’hui douze bureaux répartis dans sept pays. Et plus de 350 clients dans le monde entier. Afin de déterminer avec précision les risques encourus, elle alimente son modèle d’intelligence artificielle avec une grande variété de données : climatiques, météorologiques… mais aussi analyse des images satellites, etc.

Pour pouvoir analyser une telle masse de données, comme dans la fintech, rien ne serait possible sans l’IA. « Nous utilisons l’IA pour modéliser les risques en amont, explique Pierre Lecointre, responsable R&D chez Descartes Underwriting. Elle nous aide à mieux comprendre comment certains patterns (modèles, ndlr) climatiques peuvent favoriser, ou non, une catastrophe. Notre utilisation de l’IA dépend aussi de la donnée d’entrée. Si nous avons des données satellite, nous faisons plus du deep learning (apprentissage profond, type d’apprentissage automatique, ndlr) pour le traitement d’images. Il y a aussi des données radar au sol (grêle), des radars sur les satellites (surfaces inondées), des capteurs (gel, inondations, niveau des rivières).« 

Encore très marginale, l’assurance paramétrique pourrait bien monter en puissance ces prochaines années. Car la recrudescence des sinistres climatiques, elle, ne devrait pas s’estomper.

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