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Bubble Spaces, la “solution d’urgence” du MIT face au réchauffement climatique

Le Massachusetts Institute of Technology présente une idée disruptive pour mettre fin rapidement au réchauffement climatique. Une piste de réflexion pour inviter à penser différemment la problématique.

Le 20/06/2022 par Florence Santrot
Bubble Spaces
Sur un site Internet dédié, le MIT
Sur un site Internet dédié, le MIT

Et s’il était possible, en un claquement de doigt ou presque, d’inverser le réchauffement climatique ? Tel est le postulat de base, particulièrement disruptif, d’une idée qui a germé au MIT, le Massachusetts Institute of Technology, basé à Cambridge, aux États-Unis. C’est au sein du Senseable City Laboratory qu’un groupe inter-disciplinaire de scientifiques a cherché une “solution d’urgence”. Nommée Bubble Spaces, elle serait une solution de secours si jamais la Terre dépassait le point de non retour. C’est-à-dire si elle ne pouvait plus enrayer la hausse constante des températures. Un scénario catastrophe vers lequel on se dirige à grand pas.

Au cas où “le changement climatique serait déjà allé trop loin”, ces chercheurs du MIT se sont tournés vers l’espace pour trouver une solution. En 2020, ils ont imaginé une proposition “extra-terrestre” nommée Bubbles Spaces en se basant sur une idée formulée par l’astronome Roger Angel en 2006. Il avait alors envisagé le déploiement dans l’espace d’un radeau composé de petites bulles gonflables. Objectif : protéger la Terre d’une petite portion des radiations solaires. Ainsi, en déviant légèrement la lumière, on dévie aussi partiellement la chaleur.

Limiter les radiations solaires contre le réchauffement climatique

Le disque de bulles, de la taille du Brésil, serait placé au "Point de Lagrange", entre la Terre et le Soleil. Illustration : MIT.
Le disque de bulles, de la taille du Brésil, serait placé au “Point de Lagrange”, entre la Terre et le Soleil. Illustration : MIT.

Concrètement, pour retrouver des températures plus supportables, les chercheurs ont suggéré de détourner une partie des rayons du soleil. Pour cela, il proposent de créer une barrière de bulles, des Bubble Spaces, afin de faire interférence. Ce réseau de bulles – qui ferait à peu près la taille du Brésil – serait constitué de boucliers gonflables en silicium fin additionné de liquides ioniques et renforcées en graphène. Cet amas – qui formerait une sorte de disque géant – serait placé dans l’espace extra-atmosphérique à un point de Lagrange. C’est-à-dire là où les forces gravitationnelles du Soleil et de la Terre créent une orbite stable. Et positionné de manière à se trouver sur le chemin entre l’étoile et notre planète.

Les scientifiques du MIT qui se sont penchés sur la question ont estimé qu’en détournant précisément 1,8 % des radiations solaires avant qu’elles ne touchent notre planète, “nous pourrions totalement inverser le réchauffement climatique”. Ils expliquent tout cela via un site Internet très design lancé mi juin 2022. Un peu à la façon d’une page du site Apple, il suffit de scroller pour découvrir en détail cette idée pour le moins originale.

Capture d'écran du site du MIT. Illustration : MIT.
Capture d’écran du site du MIT. Illustration : MIT.

Bubble Spaces : une solution encore très hypothétique

Cette théorie des Bubble Spaces est ce qu’on appelle une “solution de géo-ingénierie”. Ce terme enveloppe l’ensemble des techniques qui visent à manipuler et modifier le climat et l’environnement de la Terre à grande échelle. Les chercheurs ne cachent cependant pas les risques qu’une telle solution pourraient entraîner pour la Terre et ses occupants. En effet, les conséquences d’une telle manipulation des radiations solaires restent méconnues.

En outre, la faisabilité technique et concrète de cette idée reste encore à démontrer. Ainsi, les chercheurs ont expliqué que pour créer ce bouclier géant, il faudrait peut-être fabriquer les bulles directement dans l’espace. “Le gonflage in situ des bulles implique des tâches complexes en robotique et en navigation”, préviennent-ils. Néanmoins, les scientifiques précisent que “dans nos laboratoires du MIT, nous avons testé des bulles dans des conditions spatiales qui pourraient être l’une des structures les plus efficaces pour dévier le rayonnement solaire”. Ils pensent donc avoir trouvé la bonne texture. Une texture suffisamment solide pour ne pas éclater et suffisamment fine pour ne pas trop dévier les rayons. La première étape est validée. Mais il en reste de nombreuses autres.

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