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Et si vous deveniez délégué covid de votre quartier ?

Pour recréer du lien dans les quartiers, briser l’isolement et donner un coup de main aux personnes fragiles, la plateforme MesVoisins.fr a mis en place un système de délégués covid.

Le 27/11/2020 par Sofia Colla
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Faire les courses, partager une recette ou tout simplement être à l'écoute. Les rôles du délégué covid sont multiples. (Crédit : Shutterstock/WeDemain)
Faire les courses, partager une recette ou tout simplement être à l'écoute. Les rôles du délégué covid sont multiples. (Crédit : Shutterstock/WeDemain)

Vous avez un peu de temps et l’envie de vous rendre utile ? Et si vous deveniez délégué covid ? Pas pour le prochain conseil de classe ou conseil syndical, mais dans votre quartier le temps du confinement. Le principe : faire des courses pour ses voisins, imprimer des attestations, s’assurer que les personnes isolées vont bien, partager des recettes, rendre de petits services du quotidien… 

L’idée revient à la plateforme d’entraide MesVoisins.fr, qui rassemble près de 500 000 utilisateurs dans plus de trente villes de France. Lors du premier confinement, la plateforme avait déjà rencontré un fort engouement, avec deux fois plus d’inscriptions et trois fois plus d’activité que de coutume.

Depuis le début du mois de novembre, plus de 300 personnes se sont portées volontaires pour devenir délégué covid, en publiant une annonce sur le site, mais aussi en mettant des affichettes dans les rues ou un mot dans les boîtes aux lettres.

À lire aussi : Cinq solutions pour garder le lien avec les personnes âgées isolées

Recréer du lien entre voisins

C’est le cas d’Orianne, une Nantaise de 34 ans en recherche d’emploi. “J’ai publié une longue annonce sur le site, j’ai parlé de la situation et j’ai énuméré les différentes tâches que je pouvais faire bénévolement : aller à la pharmacie, faire des courses, faire des petites choses pour les personnes qui ne souhaitent pas sortir ou qui ont peur. J’ai proposé de l’écoute aussi, par téléphone ou par texto, pour les jeunes qui sont moins à l’aise avec le téléphone. Paradoxalement, c’est souvent plus facile de parler à quelqu’un qu’on ne connait pas”, raconte-elle à WE DEMAIN. 

Son annonce reçoit de nombreuses réponses, “surtout des femmes”, note la bénévole. Ses tâches hebdomadaires varient et Orianne y consacre beaucoup de temps : “Je suis allée à la banque pour une personne. Je m’occupe des courses alimentaires pour certains et j’ai surtout beaucoup d’écoute. Je parle par exemple avec un monsieur tous les jours pendant une heure et demi ou deux heures, un peu moins le week-end. On s’est déjà vu deux fois, en respectant les gestes barrières. On est parti pour garder contact. On a prévu de se faire un restaurant quand on sera déconfinés”

Jehanne, à Lyon, est également déléguée covid. Elle joue à la pétanque 1h dans un parc avec un voisin isolé, partage son four avec une voisine qui n’en a pas, donne des coups de main de bricolage. “Le confinement apporte de la part des résidents une plus grande attention à leurs voisins de paliers”, témoigne-t-elle.  

Quant à Catherine, déléguée covid à Versailles, elle a carrément créé un groupe avec les autres délégués covid du quartier. Elle organise également des groupes d’entraide, et cherche à contacter des étudiants isolés pour les mettre en relation avec des personnes âgées afin de mettre en place une entraide intergénérationnelle. 

Plus d’offres que de demandes

Des expériences qui ne sont pas toujours aussi abouties, confie Alixia Mainnemare, responsable communication de MesVoisins.fr. “Il y a beaucoup plus d’offres que de demandes”, explique-t-elle. “Certains Délégués Covid n’ont pas pu rendre service concrètement malgré leur bonne volonté. Pourtant, après une étude réalisée auprès de 3 000 de nos voisins, nous faisons le constat que beaucoup de personnes sont isolées et en souffrance psychologique mais ne “pensent pas” qu’elles ont besoin de soutien, parce qu’elles ne se considèrent pas malades, âgées, ou vulnérables.”

Selon une étude menée par l’Ifop pour Consoglob à la mi-novembre, 28 % des Français admettaient ne pas avoir le moral, contre 20 % lors du premier confinement en avril et à peine 16 % il y a un an, en novembre 2019. De plus, une majorité de Français avoue ressentir un sentiment de tristesse, plus fort que d’habitude (52 %). Anxiété, troubles du sommeil, dépression… Les problèmes de santé eux aussi sont en augmentation ces derniers mois.

Alors, si vous avez un coup de mou, n’hésitez pas à consulter ces conseils de psy pour rester zen pendant le confinement et, pourquoi pas, à faire appel à un délégué covid. 

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