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Émissions nettes de CO2 : la France n’a pas tenu ses engagements en 2021

Le Réseau Action Climat a fait le point sur les émissions nettes de CO2 pour la France en 2021. Nous sommes 5 % au-dessus de l’objectif que nous nous étions fixés.

Le 24/09/2022 par Florence Santrot
éoliennes
Vue imprenable sur les falaises d'Alabaster près de Fecamp, Normandie. Le mix énergétique renouvelable n'est pas suffisant en France. Crédit : M. Shcherbyna / Shutterstock.
Vue imprenable sur les falaises d'Alabaster près de Fecamp, Normandie. Le mix énergétique renouvelable n'est pas suffisant en France. Crédit : M. Shcherbyna / Shutterstock.

Peut mieux faire. L’Observatoire Climat-Énergie, développé par le Réseau Action Climat, a fait le point sur les efforts menés par la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Et pour l’année 2021, le bilan est mitigé. Certes, la France respecte son objectif en émissions brutes de CO2 mais ce n’est pas le cas pour le solde net. Concrètement, en 2021, notre pays a émis 404,4 mégatonnes d’équivalent CO2 (MtCO2e). C’est 5 % de plus que l’objectif fixé par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC). « Le principal écart vient de la moindre absorption des émissions par les forêts et les sols, note le rapport. Pour les secteurs émetteurs, la baisse des émissions de gaz à effet de serre reste insuffisante. »

Pour comprendre la nuance, il faut savoir que les émissions brutes sont la somme de toutes les émissions des différents secteurs sans l’absorption par les forêts et sols. En 2021, l’Observatoire Climat-Énergie a évalué ce montant à 418,2 MtCO2e émises sur un budget carbone de 422,1 MtCO2e. En revanche, les émissions nettes de CO2 dépassent les objectifs. Celles-ci sont « constituées de l’intégralité des émissions de gaz à effet de serre nationales auxquelles ont été retranchées le CO2 absorbé par les sols et la forêt. », note l’Observatoire Climat-Énergie. Il souligne que « la France a connu un rebond en 2021 et dépasse de plus de 20 MtCO2e son budget carbone, avec 404,4 MtCO2e émises pour un objectif de 384 MtCO2e. »

Des disparités selon les secteurs d’activité

émissions de GES par secteur en France
Les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre en France. Crédit : l’Observatoire Climat-Énergie.

Les secteurs des transports (-3,5 MtCO2e par rapport à l’objectif SNBC pour 2021) et du bâtiment (-1,8 MtCO2e), respectivement premier et quatrième plus importants contributeurs aux émissions de CO2 en France, ont respecté les objectifs fixés. Mais ce n’est pas le cas pour l’agriculture (+0,8 MTCO2e par rapport à l’objectif SNBC) et encore moins pour le secteur de l’industrie (+2,8 MTCO2e).

« Le secteur de l’industrie doit avancer plus rapidement dans sa transition, et ce malgré la reprise économique. Les autres grands secteurs émetteurs (transports, agriculture, bâtiments) ne respectent que de justesse leur budget carbone alors que 2021 était encore une année marquée par le Covid, ce qui laisse craindre une reprise encore plus forte en 2022 », regrette l’Observatoire Climat-Énergie.

Respect des objectifs énergie : la France toujours en retard sur les renouvelables

Le rapport fait également sur les énergies consommées en France en 2021. Et le bilan n’est pas bon. Seulement 19,3 % du mix national provient d’énergies propres (éolien, solaire, hydraulique…). C’est très loin de l’objectif de 23,7 % que s’est fixé l’Hexagone. Les retards concernent notamment l’éolien avec une puissance installée de 18,8 GW pour un objectif de 20,5 GW et le solaire photovoltaïque avec 13,45 GW pour un objectif de 15,2 GW.

Résultat : on note une trop grande dépendance aux énergies fossiles, notamment dans ses capacités non électriques. « Les produits pétroliers raffinés et le gaz naturel représentent quasiment la moitié de la consommation énergétique nationale », révèle le rapport.

Pourtant, les énergies renouvelables sont des leviers essentiels « pour nous prémunir des crises internationales et réduire les émissions de gaz à effet de serre ». L’Observatoire Climat-Énergie conclut que « la France n’est donc pas dans les clous de la transition énergétique, ce qui conduit à de nombreux risques sur le réseau électrique (en grande partie décarboné mais faisant face à des problèmes structurels majeurs – retard sur les renouvelables et problèmes de disponibilité du parc nucléaire) et une dépendance encore forte aux énergies fossiles. Elle doit mettre en place les moyens d’atteindre ses objectifs et avoir une politique énergétique ambitieuse. »

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