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“Poumon vert et tapis rouge”, de la forêt amazonienne à Hollywood

Le documentariste Luc Marescot réalise un film racontant les difficultés pour produire un long-métrage de fiction sur l’écologie. Un voyage qui transporte le spectateur de Los Angeles à la forêt amazonienne.

Le 28/09/2021 par Sofia Colla
film forêt tropicale
Le botaniste Francis Hallé et le documentariste Luc Morescot. (Crédit : Poumon vert et tapis rouge)
Le botaniste Francis Hallé et le documentariste Luc Morescot. (Crédit : Poumon vert et tapis rouge)

“Quand les arbres auront disparu, les hommes disparaîtront à leur tour”, prévient Mundiya Kepanga, chef papou. Ainsi débute le film Poumon vert et tapis rouge réalisé par Luc Marescot, en salle le 29 septembre. Celui qui a voyagé aux quatre coins de la planète, dans la nature la plus sauvage – il a notamment été l’un des réalisateurs de l’émission Ushuaïa Nature présentée par Nicolas Hulot –, et a réalisé près de 80 documentaires environnementaux, dont 12 consacrés à la forêt tropicale, souhaite toucher un plus large public. 

Voilà toute l’histoire de ce docu-fiction, d’un genre quelque peu inclassable. Il raconte l’histoire d’un documentariste, Luc Marescot lui-même, passionné de nature, qui souhaite aider un botaniste, personnage inspiré de Francis Hallé, dans son combat pour sauvegarder les dernières forêts tropicales.

“C’était très compliqué car ce long-métrage documentaire raconte la quête d’un homme, et cet homme c’est moi… Alors que j’ai passé trente ans derrière une caméra, me voilà devant pour la première fois”, raconte le réalisateur sur le site officiel du film

Un thriller écologique pour sensibiliser un large public à la sauvegarde de la forêt

Pour cela, il décide de s’éloigner du format documentaire afin de réaliser un film de fiction. Un thriller écologique, baptisé The Botanist, avec comme acteur principal… Leonardo DiCaprio !

“J’ai été impressionné par l’impact de Blood Diamond, dans lequel joue Leonardo DiCaprio. Après sa sortie, le film a participé à faire chuter le trafic illégal de diamants d’environ 15 %. Alors pourquoi pas un ‘Blood Forest’ ? Qui impacte sur l’abattage illégal de forêt tropicale ?”, se demande le documentariste. “Ces films ont souvent plus d’impact quand ils sont joués par des acteurs à la renommée planétaire. Leonardo DiCaprio bien sûr, mais aussi Robert Redford, John Malkovich, Forest Whitaker… Toute la difficulté est d’approcher de telles stars internationales. Je me suis lancé ce défi, Poumon vert et tapis rouge dévoile une partie du chemin, toujours en cours.”

Tout au long du film, le spectateur suit Luc Marescot, caméra à la main, faisant des repérages, écrivant le scénario de cet hypothétique film, s’entretenant avec Francis Hallé ou Nicolas Hulot. Tout cela entrecoupé d’images d’archives piochées parmi les documentaires qu’il a déjà réalisés dans les forêts d’Amazonie, du Gabon, ou encore de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. 

Des forêts menacées par l’Homme. En effet, l’équivalent d’un terrain de football de forêt tropicale disparaît toutes les six secondes. Et nous passons chaque année la barre des 13 millions d’hectares de forêt tropicale détruits. L’équivalent d’un quart de la France. 

“Quand je suis en forêt tropicale, près des chantiers forestiers, à voir tomber des arbres centenaires comme de vulgaires allumettes, je rêve d’un botaniste pacifiste qui se transforme en éco-guerrier, et endigue ce massacre boulimique. C’est forcément un personnage de cinéma, pour mieux dénoncer les rouages pernicieux du commerce illégal du bois, et filmer des scènes impossibles à saisir en mode documentaire”, explique le scénariste. 

Découvrir les coulisses du cinéma

Ce film va-t-il voir le jour ? Voilà tout l’enjeu de Poumon vert et tapis rouge. Qui nous emmène loin de la canopée, jusqu’à Los Angeles où Luc Marescot recherche un producteur qui accepterait de produire le film ; à Berlin à l’occasion de la Berlinale ; ou encore sur la Côte d’Azur au moment du Festival de Cannes. 

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forêt

Entre univers forestier et monde du cinéma, le spectateur découvre les coulisses de la réalisation d’un film de fiction sur l’écologie. Et, surtout, la galère que cela peut être lorsqu’on est catégorisé comme documentariste. Un film ponctué par de nombreux entretiens avec des professionnels du cinéma. Tels que les acteurs Edouard Baer ou Juliette Binoche ; le réalisateur Antoine de Maximy de l’émission J’irai dormir chez vous ; ou le producteur de The Artist, Antoine de Cazotte. 

L’enjeu aujourd’hui : trouver le financement pour réaliser ce fameux thriller écologique. Histoire à suivre donc… 

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