Dès la sortie de l’autoroute venant de San Francisco, le grondement ininterrompu des voitures cède la place au chuintement des vélos et au chant des oiseaux. Des bâtiments à l’abri des pinèdes jusqu’au style vestimentaire des employés, la Silicon Valley a de faux airs de village de vacances. Pourtant, la « culture des start-up » qui y est née rimait il y a quelques années encore avec des semaines d’au moins soixante-dix heures et une disponibilité 24 heures sur 24. Aujourd’hui, les mentalités changent.
Pour être productive et en bonne santé, la Silicon Valley apprend à se déconnecter. De plus en plus de cadres et d’employés s’imposent des « congés sabbatiques numériques ». Ainsi, chaque samedi, Padmasree Warrior, directrice technique de Cisco, le leader mondial des systèmes et réseaux informatiques, range son smartphone au placard et ne consulte ni courriels ni messages téléphoniques. Lorsqu’elle se remet au travail, elle parvient davantage à se concentrer. Danah Boyd (qui écrit son nom en minuscules, danah boyd), le gourou des médias sociaux de Microsoft, a annoncé à ses 95 000 followers (abonnés sur Twitter) avant de partir en Patagonie : « J’ai besoin de vacances… ce qui signifie dire au revoir aux courriels. »
Comme pour toute addiction,
le sevrage peut se révéler très difficile. Certains doivent passer par les camps
de désintoxication Digital Detox créés par Levi Felix. En 2009, un ulcère et une pression sanguine à 70 % en dessous
de la moyenne l’ont conduit aux urgences. Il avait 24 ans.
La suite dans We Demain n°7