Captation du CO2 : les forêts sont à bout de souffle
Visualisation 3D de la présence de CO2 dans l’atmosphère terrestre par la NASA. Crédit : NASA.
“Le puits continental de carbone de l’hémisphère Nord, notamment constitué par les forêts, est menacé dans les dix ans qui viennent.” C’est la très alarmante perspective annoncée par des chercheurs. Et la menace pour la planète d’un emballement climatique, autrement dit d’une accélération incontrôlée du réchauffement global.
Mis à jour le
Écrit par Vincent Rondreux (Journaliste)
Sécheresses à répétition, vagues de chaleur récurrentes, feux de forêt, attaques d’insectes… Du Canada à la Sibérie, en passant par l’Europe, de nombreux puits de carbone forestiers de l’hémisphère Nord sont pris dans une dynamique d’effondrement. Avec, pour conséquence, l’accélération de la concentration atmosphérique de CO2 et donc du réchauffement global, ce qui compromet dangereusement l’objectif de l’Accord de Paris de limiter la fièvre planétaire “bien en dessous de +2 °C”. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude scientifique internationale (1), à laquelle a participé le physicien français Philippe Ciais, spécialiste du cycle du carbone, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) et membre de l’Académie des sciences.
Cette mise à mal de nos puits de carbone, qui s’ajoute aux autres conséquences du réchauffement – fonte des glaces accélérée, franchissement de nombreuses limites planétaires entraînant des points de basculement (point de non-retour)… – fait redouter un dérèglement général de la vaste machine climatique que constitue la Terre, et donc un emballement climatique incontrôlable, non prévu par les modèles scientifiques.
Les écosystèmes terrestres et les océans, émetteurs ou capteurs de CO2
Dans cette vaste machine climatique, le volcanisme, la respiration des êtres vivants (règnes végétal et animal) et leur décomposition à l’air libre une fois morts, les incendies naturels, ou encore la remontée à la surface de l’océan des eaux froides profondes en raison de leur réchauffement (upwelling), notamment dans la bande intertropicale, sont autant de sources d’émissions de CO2. En revanche, la photosynthèse, la fabrication de la biomasse terrestre (arbres, plantes, sols, zones humides…) et océanique (plancton), tout comme la plongée des eaux froides vers les fonds marins des hautes latitudes (downwelling), capturent du CO2 atmosphérique. Les écosystèmes terrestres et les océans sont donc à la fois des sources et des puits de CO2. C’est le bilan de leurs échanges avec l’atmosphère en fonction des conditions du moment (température, humidité…), qui en fait, à l’échelle mondiale, des sources ou des puits nets.
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