Laisser à nouveau passer la lumière à travers une cornée endommagée, c’est la prouesse scientifique à laquelle sont parvenus mi-août des chercheurs de l’université de Melbourne, en Australie, grâce à une innovation prometteuse.
Dans un communiqué, ils expliquent être arrivés à développer avec succès plusieurs cornées artificielles et à les transplanter dans des yeux de moutons, sans que ces derniers ne les rejettent. Mieux encore : la technologie utilisée serait tellement efficace qu’elle leur aurait rendu la vue.
Car si la recherche ophtalmologique autour des greffes de cellules souches et des implants rétiniens progresse rapidement ces dernières années, elle ne parvient pas systématiquement à des résultats satisfaisants sur les patients : le risque de rejet des greffes est toujours important et peut conduire à endommager encore davantage l’oeil opéré.
Pénurie de dons de cornées
Et ce, alors que la demande est grande – rien qu’en Australie, plus de 2 000 greffes de cornées sont effectuées chaque année et les maladies entraînant une perte de la vision concernent environ 10 millions de personnes à travers le monde. Les chirurgiens ont donc besoin de davantage de dons de cornées pour pouvoir opérer les patients, sans toutefois être sûrs à l’avance de leur compatibilité avec l’oeil opéré.
Une pénurie de dons et des risques opératoires auxquels l’équipe de chercheurs de Melbourne pense pouvoir apporter une alternative :
Nouvelle couche de cellules souches
Concrètement, les chercheurs ont développé un film hydrogel qui permettrait de reconstituer entièrement la cornée. Pour y parvenir, ils prélèvent en amont un échantillon de cellules de cette même cornée, qu’ils cultivent en laboratoire ensuite en créant une couche de cellules supplémentaires.
Ces dernières sont intégrées au très mince film hydrogène (50 micromètres, soit moins qu’un cheveu) qui est implanté sur la surface intérieure de la cornée du patient via une petite incision. Selon les chercheurs, ce processus rend la membrane à nouveau transparente, sans risques de complications : le fil hydrogel se détériorerait naturellement au bout de deux mois, et permettrait même à l’oeil de s’humidifier à nouveau. Le patient se retrouverait donc avec la nouvelle couche de cellules souches, et un oeil quasi neuf.
Reste à tester cette nouvelle méthode sur des humains. Un essai clinique devrait voir le jour dès 2017. S’il s’avérait concluant, le film hydrogel pourrait traiter de nombreuses maladies des yeux, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la rétinite pigmentaire ou la dystrophie maculaire.