Où s’arrêtera l’impression 3D ? Après les voitures ou encore les immeubles fabriqués en Chine grâce à cette technologie, l’entreprise hollandaise MX3D s’apprête à imprimer un pont en 3D. Pour cela, elle s’est alliée avec l’éditeur de logiciel 3D Autodesk afin d’ériger l’ouvrage à Amsterdam, à partir d’acier et de matériaux renouvelables.
Pour imprimer en 3D de tels volumes, les ingénieurs ont d’ordinaire recours à des imprimantes statiques qui fabriquent l’objet dans un atelier, avant qu’il ne soit transporté sur le lieu de son utilisation.
MX3D innovera en utilisant ici des robots mobiles, qui effectueront des aller-retour au-dessus de l’eau pour dessiner le pont instantanément dans l’espace prévu. L’objectif de l’entreprise est de ne faire appel à aucune main d’oeuvre humaine sur le chantier, hormis pour régler les machines.
Tim Geurtjens, directeur de la technologie chez MX3D, résume l’incroyable défi que s’est lancée son entreprise : “Nous travaillons selon la méthode du ‘Printing Outside The Box’ (Impression hors de la boîte), c’est ce qui distingue notre technologie de l’impression 3D traditionnelle […], notre champ d’action est illimité.”
Il leur faudra cependant composer avec deux contraintes majeures : le climat (pluie, vent), qui pourrait venir perturber le chantier, et l’absence de support pour la construction, puisque le pont sera érigé au-dessus d’un canal.
Pour anticiper ces risques, l’entreprise, dont les imprimantes ne tournaient jusqu’ici qu’en intérieur, a effectué des tests en extérieur. Des expériences aux résultats encourageants, selon MX3D.
Le dessin du pont reste à finaliser et la localisation n’a pas encore révélée, mais le chantier doit être lancé en septembre. Cet ouvrage serait une “belle métaphore pour connecter la technologie du future avec la vieille ville“, selon Joris Laarman, le designer chargé du projet. Le premier d’une longue série ?
Jean Duffour
Journaliste à We Demain
@JeanDuffour