Mar Menor : quand la mer se défend
Vue aérienne du banc de sable de la Mar Menor, une langue de terre côtière de la Mar Menor, dans la région de Murcie, en Espagne. Cette bande de 21 km de long sépare la mer Méditerranée de la lagune de la Mar Menor. - © alexemarcel / stock.adobe.com
Publié le par Audrey Levy
Mar Menor, la plus grande lagune salée d’Europe, a bien failli mourir, dévastée par des décennies de pollutions et d’exploitation intensive. Cet écosystème naturel unique est aujourd’hui reconnu comme une personnalité juridique. Une loi qui fait de l’Espagne une pionnière sur le Vieux Continent en matière de protection de la nature.
Elle avait jusqu’ici refusé les entretiens, même téléphoniques, et décliné les invitations aux conférences. Trop éprouvant. “Mon état ne le permettait pas”, confie Teresa Vicente Giménez, professeur de philosophie du droit à l’université de Murcie (Espagne). Épuisée par cinq années de lutte acharnée, elle a été contrainte de s’arrêter. “Sinon, je serais morte.” Alors que son corps était sur le point de lâcher, c’est un autre organisme moribond qu’elle ramenait à la vie : la Mar Menor, la plus grande lagune salée d’Europe, 135 km2 d’eau fragilisée, enclavée entre la province de Murcie et la Méditerranée.
Son exploit ? Avoir obtenu pour cette lagune et son bassin le statut inédit de personnalité juridique, grâce à une loi votée par le Parlement espagnol en septembre 20221, confirmée par le Tribunal constitutionnel en novembre 2024. Ce texte octroie à la lagune le droit fondamental d’exister, et aussi des droits à la protection, à la conservation et à la restauration – ce qui va lui permettre de se refaire une santé. Et désormais, la Mar Menor peut être représentée devant une juridic
Déjà abonné(e) ? Activez votre compte ou connectez-vous en un clic.
Je continue