De nos jours, la santé mentale et le bien-être sont plus que jamais au cœur de nos préoccupations. La crise sanitaire et la montée de l’écoanxiété ont exacerbé les symptômes dépressifs ces dernières années. Depuis début 2020, la prévalence globale des troubles majeurs aurait ainsi augmenté de 29,8 % chez les femmes et de 24 % chez les hommes. Fatigue, troubles du sommeil, maux de tête, nausées, palpitations cardiaques, sensation d’étouffement : la liste des symptômes est malheureusement longue.
Fort heureusement, la liste des outils pour diminuer l’anxiété est encore plus longue : écouter de la musique ou faire du sport, se passer les mains sous l’eau froide, pratiquer la méditation pleine conscience ou se couper des réseaux sociaux. Notre équipe de recherche a récemment pu mettre en évidence une nouvelle manière d’apaiser notre stress et d’améliorer notre bien-être. Selon nos conclusions, la solution se trouve… dans notre garde-robe.
Moins de vêtements, moins de problèmes ?
En période pré-Covid, nous avions recruté un groupe de dix jeunes femmes qui ont accepté de participer à notre étude pendant trois semaines. Ces dix jeunes femmes aimaient acheter de nouveaux vêtements et suivre les dernières tendances, triaient leurs déchets sans pour autant développer une conscience vraiment écologique, et présentaient une anxiété modérée, voire assez élevée.
L’étude a commencé par un tri des garde-robes de chacune des participantes – ce qui représente déjà un travail considérable. Grâce à ce tri, chaque participante, avec notre aide, a constitué sa garde-robe minimaliste ; c’est-à-dire une garde-robe d’environ 35 vêtements et accessoires. Nos participantes ont ensuite utilisé cette garde-robe dans leur vie de tous les jours pendant trois semaines.
À l’issue de cette période, toutes nos participantes ont exprimé (1) un gain de temps dans leur vie quotidienne, (2) une meilleure connaissance de soi, et (3) une baisse de leur stress.
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Minimalisme : une plus grande sérénité
Ces sentiments ont commencé à se manifester dès la première semaine de notre étude. En plus d’une baisse de stress, nos dix participantes ont dit avoir plus de clarté dans leur pratique vestimentaire. Avoir une garde-robe minimaliste leur a permis de prendre plus rapidement des décisions dans leur pratique vestimentaire, en passant moins de temps à penser à assortir leur tenue, couplé avec le plaisir d’avoir une garde-robe organisée, assortie et claire. Une participante en témoigne :
Qui plus est, ces trois semaines ont également développé un sentiment de meilleure connaissance de soi chez nos participantes. Ce sentiment était couplé avec un sentiment de détachement face aux tendances à suivre, notamment via les réseaux sociaux. Une autre participante le confirme :
Enfin, les dix participantes ont exprimé moins de stress et une plus grande sérénité après seulement trois semaines de garde-robe minimaliste. L’une d’entre elles le reconnaît.
Cette première étude a montré que seulement trois semaines de garde-robe minimaliste pouvaient contribuer à diminuer l’anxiété, amener une plus grande sérénité et connaissance de soi, et même à augmenter la réflexion écologique des dix participantes.
Et les hommes ?
Elle ouvre ainsi la porte à de nouvelles pistes de recherche : peut-on réduire l’écoanxiété avec un mode de vie minimaliste ? Quel est l’impact psychologique à long terme d’une garde-robe minimaliste ? Les hommes montreraient-ils les mêmes résultats ? Peut-on quantifier cette baisse d’anxiété après plusieurs semaines de garde-robe minimaliste ?
Pour répondre à ces nouvelles questions, notre équipe de recherche souhaite poursuivre à une plus grande échelle ses observations relatives aux impacts des garde-robes minimalistes. Si vous aussi vous voulez tenter l’aventure d’une garde-robe minimaliste, n’hésitez pas à nous contacter !
Autrice : Aurore Bardey, Associate Professor in Marketing, Burgundy School of Business
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.