Ma balade dans les Adirondacks

Face à l’immensité des Adirondacks, une contemplation empreinte de respect pour la nature sauvage. Ici, vue depuis le sommet du sentier “balanced rock trail”. Crédit : Michael Marquand / stock.adobe.com. - © Michael Marquand - stock.adobe.com

Publié par La rédaction WE DEMAIN  |  Mis à jour le

Lundi 14 octobre 2024, 7 h 15 du matin, Rob est en retard, mais c’est pour la bonne cause. Déjà le petit vent du matin annonce l’approche de l’hiver, et l’herbe scintille d’une fine couche de verglas. Chapka rapportée de Mongolie bien vissée sur la tête, tronçonneuse sur l’épaule, Rob porte à bout de bras un énorme rondin d’au moins soixante centimètres de diamètre. Tout sourire et en sueur, il s’installe à la table posée devant la seule épicerie du village. Devant nous s’étend la chaîne des Grands Pics, dans les Adirondacks, au nord-est de New York. L’épicerie est prise d’assaut pour le café du matin que la plupart finiront dans leur voiture.

Les Canadiens ont traversé la frontière, à deux heures de route, pour s’offrir un Thanksgiving (1) dans la montagne, tandis que de nombreux New-Yorkais ont fait les six heures de route car pour eux, c’est le jour de Christophe Colomb rebaptisé le Jour des peuples indigènes aux USA (2). Tous s’émerveillent des couleurs de feu des érables qui sont à leur apogée. Dans quelques semaines, il ne restera plus que le doré des bouleaux dans le vert sombre des épicéas et des sapins.

Rob me montre la cause de son retard : un vieil érable de 150 ans que des vents exceptionnels ont fait tomber, la veille, sur un chemin de randonnée passant sur une propriété privée. “La propriétaire est une veuve âgée, elle n’avait personne pour dégager l’arbre, alors on m’a appelé. Du coup, je m’en suis coupé un bout et je vais en faire une table pour la chambre de ma fille.”

Les Adirondacks, un sanctuaire en renaissance

Comme beaucoup d’habitants du coin, Rob a construit sa maison avec des chutes d’arbres tombés lors d’intempéries ou des restes de coupes autorisées. Comptant parmi les plus anciens rangers du parc, Rob est aussi l’un des plus fins connaisseurs de la région, dont il parle avec fierté. Les Adirondacks constituent la plus grande réserve naturelle des États-Unis et la plus grande forêt tempérée intacte du monde. Mais ici, pas de droit d’entrée à acquitter. Nous ne sommes pas dans un parc national comme Yellowstone, Yosemite, Grand Canyon, Glacier ou Great Smokies, qui, tous réunis, n’atteignent pas cette immense superficie (24 700 km²) qui abrite plus de

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