Société-Économie

90 grands patrons appellent à mettre l'écologie au cœur de la relance économique

Par I Publié le 5 Mai 2020

BNP, LVMH, Air France, Medef… Les patrons de grandes entreprises françaises ont signé une tribune pour demander une relance économique plus verte. Une déclaration de bonnes intentions qui ne fait pas l’unanimité...


Les signataires placent la rénovation énergétique des bâtiments, le développement de la mobilité décarbonnée ainsi que l'expansion des énergies renouvelables comme priorités. (Crédit : Shutterstock)
Les signataires placent la rénovation énergétique des bâtiments, le développement de la mobilité décarbonnée ainsi que l'expansion des énergies renouvelables comme priorités. (Crédit : Shutterstock)
Faire de la relance économique un accélérateur de la transition écologique. C’est l’appel lancé par plus de 90 dirigeants de grandes entreprises françaises, qui ont signé une tribune dans Le Monde, lundi 4 mai. 
   
"Une large part des moyens financiers qui seront prochainement mobilisés pour la relance économique aurait tout intérêt à l’être dans les directions qui avaient été précédemment identifiées pour accompagner la transition écologique, avec un souci encore plus affirmé de la justice sociale", écrivent les signataires de la tribune, lancée à l’initiative de Jean-Laurent Bonaffé, administrateur directeur général de la BNP Paribas et président d’EPE (Entreprise pour l’Environnement).
   
Parmi les signataires de la tribune, on compte Bernard Arnault (LVMH), Thierry Boisnom (Nokia-France), Anne-Marie Coudrec (Groupe Air France-KLM), Thierry de La Tour d’Artaise (groupe SEB), Jean-Pierre Farandou (SNCF), Antoine Frérot (Véolia), Benoît Rabilloud (Bayer-France), ou encore Geoffroy Roux de Bézieux (président du Medef).

Écologie et justice sociale

"Nous croyons qu’il est aujourd’hui possible de faire de ces moyens financiers un accélérateur d’une relance verte et inclusive. Les plans de relance à venir constituent autant d’occasions pour que les investissements nécessaires confortent les trajectoires de transformation", écrivent-ils.
 
Parmi ces trajectoires, les signataires estiment que "la rénovation énergétique des logements et bâtiments, tertiaires publics et privés", "le développement des mobilités décarbonées, des véhicules électriques, des infrastructures de mobilités douces et des transports en commun", et "l’expansion et le stockage des énergies renouvelables et décarbonées, électriques ou chaleur" sont une priorité. 
 
La crise du coronavirus a, selon eux, "révélé la vulnérabilité des chaînes de valeur mondialisées", c’est pourquoi ils souhaitent "rendre [les] outils industriels en Europe plus résilients, les décarbonner et réduire [leur] empreinte carbone"
 
Enfin, le troisième levier de la transition consiste, pour les signataires, à "démultiplier les efforts de recherche, d’innovation, de démonstrateurs industriels et d’industrialisation de solutions d’avenir", comme par exemple la bioéconomie ou encore l’hydrogène. 

Des mots… et les actions ?

Mais cette tribune, en apparence pleine de bonnes intentions, ne fait pas l’unanimité.

"D’abord, cette tribune insiste sur la continuité, en laissant croire que la transition était déjà en marche et que le virus vient en quelque sorte la freiner, c’est évidemment pour le moins exagéré. Ensuite, elle comporte peu, pour ne pas dire aucun, engagement de transformation au niveau des entreprises, si ce n’est 'un rapport à la nature à revoir', c’est plutôt maigre", écrit Phiklippe Zaouti, PDG de la société de gestion d’investissement durable Mirova, dans un post LinkedIn. 

Greenpeace et d'autres organisations s'insurgent également, dénonçant un greenwashing.
 
Les paroles sont là, mais qu'en sera-t-il des actions réalisées dans ce sens de la part de ces grands groupes ?





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