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Des logements étudiants dans des maisons de retraite : le concept se développe en France

Pour développer le contact intergénérationnel et proposer des loyers accessibles aux jeunes à revenu modeste, de plus en plus de villes proposent des logements étudiants dans des maisons de retraite, en échange de quelques heures de bénévolat.

Par I Publié le 22 Mars 2019


Des ateliers piano, jardinage ou encore informatique. En échange d'un logement à loyer modéré, les étudiants font quelques heures de bénévolat auprès des résidents des maisons de retraite. (Crédit : Christophe Ruiz – Montpellier Méditerranée Métropole)
Des ateliers piano, jardinage ou encore informatique. En échange d'un logement à loyer modéré, les étudiants font quelques heures de bénévolat auprès des résidents des maisons de retraite. (Crédit : Christophe Ruiz – Montpellier Méditerranée Métropole)
"Avec une étudiante, on a créé un blog où l’on raconte ce qui sort un peu de l'ordinaire, pour que nos familles puissent le consulter", raconte Huguette Unal, résidente de 91 ans de l’Ehpad Bélorgeot à Montpellier. Afin de lutter contre l’isolement des personnes âgées, certaines maisons de retraite, comme la sienne, logent des étudiants.
 
Le concept est simple : les jeunes payent des loyers modérés en échange de quelques heures de bénévolat auprès des résidents. Ils peuvent les accompagner pendant leur repas, les aider pour leurs courses, les initier à l’informatique, ou tout simplement bavarder avec eux.
 
Depuis quelques années, ces dispositifs se multiplient dans toute la France. Par exemple, à Louise-Le Roux à Brest, trois étudiants logent dans une petite maison accolée à l’Ephad. Cet appartement de fonction était inutilisé. Depuis la rentrée 2017, les jeunes consacrent minimum trois heures aux personnes âgées pour un loyer de seulement 220 euros par mois.
 
Des maisons de retraite fonctionnent également de cette manière à Tours, où 10 chambres sont réservées à des étudiants, mais aussi dans une dizaine d’établissement lyonnais ou encore à Saint-Quentin dans les Hauts-de-France.
    

Des maisons de retraite intergénérationnelles

Depuis la rentrée scolaire de septembre 2018, onze jeunes ont emménagé dans trois des sept Ephad de la ville de Montpellier. "Ma mère en avait marre que je sois à la maison, alors elle a trouvé cette solution", s’amuse Jimmy Negre, étudiant en deuxième année de droit.
 
Il réside depuis octobre dans l’Ephad de Bélorgeot, au nord ouest de la ville. Quatre autres étudiants y sont hébergés, dans un ancien logement de fonction accolé à l’Ephad. En échange d’un loyer de 270 euros mensuels (éligible aux aides, notamment aux APL), ils doivent passer trois heures par semaine avec les résidents.
 
"On demande aux étudiants une présence minimum de trois heures de bénévolat, motivé par un vrai projet qu’il nous présente lors de leur sélection", précise Annie Yague, adjointe au maire de Montpellier et vice présidente du Centre communal d’action sociale (CCAS), à l’initiative du projet. Les élèves en difficulté financière sont prioritaires.
 
Atelier cinéma, lecture, musique... Les propositions sont très variées. Il faut tout de même qu’elles soient adaptées à un public, "d’une moyenne d’âge de 86 ans", rappelle l’adjointe au maire.
 
"Moi, j’ai un projet basé sur l’espace vert et les plantes. Durant l’hiver, on a dû trouver des solutions pour l’intérieur. On a expérimenté un mur végétal par exemple. Le personnel est très présent et nous conseille beaucoup", raconte l’étudiant juriste.
     

Ouvrir les Ehpad et les transformer en vrai lieu de vie

S’ils le souhaitent, les étudiants peuvent manger dans le restaurant de l’établissement, moyennant cinq euros. Ils viennent aussi en renfort du personnel lors des sorties. "En avril, on va avoir une sortie plage, raconte Jimmy. On les a déjà emmené au zoo, voir un match de rugby, de tennis…"
 
Après six mois de vie commune, les affinités se créent et les échanges se multiplient. "Une étudiante en musicologie a eu l’idée de mettre son piano sur une planche à roulette, pour pouvoir aller dans les chambres et faire participer tout le monde, raconte Annie Yague.Une dame atteinte de Parkinson très avancée n’osait plus sortir de sa chambre, c’était une ancienne professeure de piano. Grâce à elle, elle s’est remise à en jouer."
 
Dans l’Ehpad Demangel, ce sont même les résidents qui proposent des activités pour les étudiants, en instaurant des ateliers tricot. "Avec notre expérience, on leur apporte un peu, mais ils nous apportent beaucoup. Ils sont toujours souriants, on est bien content de les trouver !", se réjouit Huguette Unal.
 
À la rentrée 2019, le nombre de logements étudiants dans les Ephad de Montpellier va doubler, pour accueillir une vingtaine de jeunes. Jimmy aimerait beaucoup renouveler l’expérience. Pour ça, il devra redéposer un dossier et se retrouver en concurrence avec de nouveaux autres candidats, de manière à laisser sa chance à chacun de vivre cette expérience collaborative.
    




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