Société-Économie

Essor des supermarchés coopératifs : une carte pour les localiser dans toute la France

Un supermarché dont les clients sont aussi co-propriétaires et travailleurs bénévoles : c’est ce qu’on appelle un supermarché coopératif. Apparu il y a deux ans en France, le modèle se développe sur tout le territoire.

Par I Publié le 19 Avril 2019


Le 27 avril, c'est un supermarché d'un nouveau genre qui va ouvrir ses portes à Rezé, au sud de Nantes : un supermarché coopératif. Chez Scopéli, les clients seront aussi copropriétaires et travailleurs bénévoles. Seuls les adhérents pourront y faire leurs courses.

Ce concept qui a mis du temps à s'implanter en France est aujourd'hui en plein essor. On compte une trentaine de supermarchés coopératifs dans l'Hexagone, ayant chacun plusieurs centaines d’adhérents. Un succès dont témoigne la carte ci-dessus.

Park Slope Food Coop et la Louve, des pionniers

Les premiers à s’être lancés dans cette aventure collaborative sont les fondateurs du supermarché Park Slope Food Coop, dans le quartier de Brooklyn à New York, en 1973.
 
Aujourd’hui, ce supermarché compte plus de 16 400 membres et propose des prix 30 à 40 % moins chers que dans les enseignes conventionnelles. Tom Boothe et Brian Horihan, deux Américains résidents en France, ont longtemps étudié son fonctionnement avant de lancer La Louve à Paris, le premier du genre en France.
    
"On a créé ensemble le supermarché qui nous correspond, et on y trouve ce qu’on recherche", raconte Karim, 36 ans, informaticien et coopérateur à La Louve.
     
Depuis le lancement de la campagne de crowdfunding en 2013 et l’ouverture officielle du magasin en novembre 2017, La Louve a fédéré plus de 6 000 membres. Tous les supermarchés coopératifs ensuite développés en France se sont inspirés de ces deux modèles.
 
    
"Les gens ne le savent plus aujourd’hui, mais il y avait autrefois des milliers de coopératives de distribution en France. La grande distribution a phagocyté tout le marché dans les années 70", précise Charles Godron, bénévole de La Cagette, supermarché ouvert en septembre 2017 à Montpellier, qui compte aujourd’hui plus de 2 400 collaborateurs.

Un modèle 100 % citoyens

Le modèle comporte toutefois des contraintes pour ses membres : ils doivent acheter une part sociale de la coopérative, d’en moyenne 100 euros, et doivent s’engager à donner trois heures de leur temps par mois pour s’occuper de la caisse, des livraisons, de la mise en rayon, du nettoyage, de la relation avec les producteurs ou encore de l’administratif, selon leurs compétences.

Cette participation permet de baisser les marges et donc de proposer des produits moins chers tout en rémunérant les producteurs à un juste prix. Et aux sociétaires de mieux choisir les produits qu'ils consomment.
    
"Nous avons créé une entreprise entre citoyens. On ne dépend d’aucun investisseur. On prouve au quotidien que c’est possible, et ça ce n’est pas rien !", s’exalte Charles Godron, de la La Cagette.
        
Des réunions sont organisées régulièrement pour régler les questions d’organisation, proposer de nouveaux produits et pour voter de nouvelles décisions. Tout le monde a son mot à dire.

Les supermarchés coopératifs créent aussi de l’emploi. Par exemple, La Cagette, qui a repris les locaux d’une ancienne supérette comptant deux salariés, a aujourd’hui quatre salariés à son actif. La Louve en a 8, Supercoop à Bordeaux en a 2 et compte bientôt en avoir 5, SuperQuinquin à Lille en a 4…
    

Et d'autres projets émergent un peu partout. "Une cinquantaine de projets sont en cours. Notre objectif n’est pas de devenir un modèle universel ou de remplacer la grande distribution. C’est la standardisation qui est une catastrophe. L’idée c’est de déconcentrer, de multiplier les acteurs et de proposer des choses différentes adaptées à chaque région", ajoute le bénévole de La Cagette.
   












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