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Inédit en France : une Parisienne victime de la pollution de l’air porte plainte contre l’État

Par I Publié le 8 Juin 2017

Clotilde Nonnez a emménagé à Paris il y a une trentaine d’années. Depuis, elle souffre de problèmes respiratoires persistants, d’asthme, de bronchites chroniques, de sinusites et d’otites. La faute en incombe selon elle de l’État, qui n’a pas fait respecter les lois sur la qualité de l’air.


Selon l'OMS, "le fait de respirer de l'air pur est considéré comme une condition essentielle de la santé et du bien-être de l'homme". (Crédit : wikimedia)
Selon l'OMS, "le fait de respirer de l'air pur est considéré comme une condition essentielle de la santé et du bien-être de l'homme". (Crédit : wikimedia)
Ancienne danseuse professionnelle au Crazy Horse et aujourd’hui professeure de yoga, Clotilde Nonnez assure avoir une vie saine, ne jamais avoir fumé… Pourtant, depuis qu’elle est arrivée à Paris il y a trente ans, sa santé ne cesse de se dégrader.

Elle a développé de l’asthme, souffre de bronchites chroniques, a subi des opérations des sinus et son cardiologue lui a récemment décelé une inflammation du péricarde. La cause ? La pollution dans la capitale.
 
En quoi l’État est-il responsable de sa santé ? “Il a la responsabilité de faire respecter la loi sur la réglementation de la qualité de l’air, ce qui n’a pas été mis en place”, explique Sébastien Vray, fondateur de l’association Respire et soutien de la yoguiste.
 
C’est pour cela que le recours pour “carence fautive de l’État” a été déposé mercredi 7 juin devant le tribunal administratif de Paris.
 
“C’est comme si quelqu’un construisait un véhicule et qu’il mettait une roue plus petite que les autres, selon Sébastien Vray. La voiture tombe au premier virage. C’est un manque qui a conduit à une faute.”

Une première en France

C’est la première fois que cela arrive en France. Pourtant, Clotilde Nonnez est loin d’être seule dans ce cas.
 
“Nous avons initié en 2014 un appel à témoignages de personnes qui ont des problèmes de santé potentiellement liés à la pollution de l’air. Depuis, nous en avons reçu plus de 500.”
 
Plus d’une dizaine de plaintes ont été déposées au cabinet d’avocat TTLA (Teissonniere Topaloff Lafforgue Andreu Avocats), “et d’autres vont suivre”, assure le président de Respire. Clotilde Nonnez n’est pas soutenue uniquement par cette association, mais aussi par Rassemblement pour la Planète, Écologie sans frontière et Générations futures
 
“C’est une ambition depuis très longtemps d’agir contre l’État pour demander réparation du préjudice.”
 
La parisienne est représentée par l’avocat François Lafforgue, qui a déjà travaillé sur des dossiers liés à la santé public, comme ceux sur l’amiante et Monsanto. Après le pic de pollution de décembre 2016, durant lequel Clotilde Nonnez avait dû être hospitalisée, il avait déposé une demande d’indemnisation auprès du ministère de l’Environnement et du préfet de Paris en février 2017. Cette demande est restée sans réponse.
 
L’ancienne danseuse a décidé de représenter les autres victimes pour que l’État agisse et prenne de réelles mesures. 
 
“Nous voulons que l’État reconnaisse qu’il a failli à faire respecter la réglementation sur l’air et a mis en danger des gens en toute connaissance de cause et qu’il prenne des mesures pour diminuer l’exposition des plus fragiles”, explique Sébastien Vray.
 
Cette plainte a déjà porté ses fruits : plusieurs personnes ont contacté l’association en expliquant que eux aussi avaient ce type de problèmes chroniques. “J’ai eu l’appel d’un inconnu ce matin qui m’a expliqué qu’il avait des problèmes de santé depuis septembre 2016. Mais il ne pensait pas que ça pouvait être lié à la qualité de l’air.”
 
Une action qui permettra peut-être d’accélérer la transition énergétique et de diminuer les multiples causes de la pollution de l’air. 
 




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