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Les éco-charlie, cette asso qui récupère et redistribue 1 tonne d’aliments invendus par mois

Par I Publié le 27 Juillet 2017

Lutter contre le gaspillage alimentaire au niveau local, voilà l’objectif de l’association Les éco-charlie, basée à Paris et récemment installée à Nice. Sa cinquantaine de membres récupère les invendus dans des magasins bio de leur quartier pour les redistribuer.


Avec trois récoltes par semaine, les éco-charlie récupèrent 800 kg à 1 tonne d'invendus par mois, mais les magasins jettent tous les jours. (Crédit : éco-charlie)
Avec trois récoltes par semaine, les éco-charlie récupèrent 800 kg à 1 tonne d'invendus par mois, mais les magasins jettent tous les jours. (Crédit : éco-charlie)
200 millions : c’est le nombre de personnes qui pourraient être nourries dans le monde avec le volume d’aliments gaspillés en Europe chaque année par les distributeurs, les producteurs et les ménages.
 
Chacun peut agir à son échelle. C’est pour cette raison que Les éco-charlie se sont lancés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire au niveau local, au travers d'actions concrètes.
 
À travers le "freeganisme" ou "gratuivorisme", les éco-charlie promeuvent un mode de vie alternatif consistant à consommer principalement ce qui est gratuit tout en créant des réseaux d’entraide.
 

Les éco-charlie privilégient les magasins bio par question d'éthique. (Crédit : éco-charlie)
Les éco-charlie privilégient les magasins bio par question d'éthique. (Crédit : éco-charlie)
Cette association à but non lucratif a été créée au début de l’année 2016, suite à la loi du 11 février 2016, relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Un texte qui régit les conditions de dons des distributeurs du secteur alimentaire et oblige ces derniers à donner leurs invendus alimentaires à toute association proposant de les récupérer.
 
"On travaille avec quatre magasins bio dans le deuxième arrondissement de Paris, près de notre siège, car nous faisons tout à pied. Nous redistribuons la nourriture à des gens en difficultés financières. C’est aussi une manière pour eux d’accéder à une alimentation qu’ils n’auraient pas eu les moyens de se payer", explique Lou Dangla, qui compte parmi les treize membres fondateurs de l’association à Paris. 

Aider les "précaires invisibles"

Les éco-charlie orientent leurs actions autour des "précaires invisibles", c’est-à-dire des personnes qui connaissent des difficultés pour se nourrir convenablement (en qualité et en quantité) : les travailleurs pauvres, les familles monoparentales, les étudiants, les personnes isolées ou au chômage…
 
L’association aide, mais elle ne veut pas "tomber dans l’assistanat". Les bénéficiaires sont aussi acteurs dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et sont intégrés au processus global de la récupération d’invendus.
 
"Au début, on donnait directement les aliments. Mais on s’est rendu compte que c’était bien que les personnes soient incluses. C’est important pour nous que les bénéficiaires participent à la récolte", précise l’éco-charlie.

Les éco-charlie sont une association de quartier, mais tout le monde est invité à les rejoindre. (Crédit : éco-charlie)
Les éco-charlie sont une association de quartier, mais tout le monde est invité à les rejoindre. (Crédit : éco-charlie)
Les bénévoles participent donc à la collecte, à pied. Après s’être retrouvés dans le local temporairement prêté par la mairie, ils se divisent en équipes pour chaque magasin. Au retour, toutes les denrées sont déballées sur une table, triées en fonction de leur nature pour être partagées équitablement entre tous, en fonction des besoins de chacun.
 
"L’association est ouverte à tout le monde, mais on compte aussi sur la responsabilité individuelle pour que les gens prennent ce dont ils ont vraiment besoin. On réalise un travail d’éducation sur le partage."
 
Trois fois par semaines, Les éco-charlie récupèrent les invendus dans les quatre magasins partenaires du deuxième arrondissement de Paris. Ils sauvent ainsi 800 kg à 1 tonne d’invendus de la poubelle chaque mois.
 
"Nous récupérons tout type de produits. Les magasins jettent de tout : des produits laitiers, beaucoup de fruits et légumes, de la viande… Parfois même des cosmétiques. Nous n’avons pas assez de monde pour faire plus de récolte, mais les magasins jettent tous les jours."

Un réseau d’entraide qui s’étend

En plus de travailler avec leurs bénévoles, Les éco-charlie collaborent avec des associations.
 
"Ça peut arriver un jour qu’il y ait très peu de bénévoles, alors on reverse les invendus à des associations. Nous avons donné pour les migrants, à la cantine de Nuit Debout ou à l’association Saint Eustache. Nous faisons également des maraudes."

Les éco-charlie sortent chaque début de saison un "fanzine" avec collages, poèmes, recettes... Les 200 exemplaires sont vendus lors de la soirée de lancement de la saison ou auprès de l'association. (Crédit : éco-charlie)
Les éco-charlie sortent chaque début de saison un "fanzine" avec collages, poèmes, recettes... Les 200 exemplaires sont vendus lors de la soirée de lancement de la saison ou auprès de l'association. (Crédit : éco-charlie)
Une petite équipe d'écho-charlie mène aussi désormais des actions à Nice. Sur le même principe, les récoltes ont débuté il y a environ trois mois, avec une quinzaine de bénévoles, dans trois magasins niçois.
 
Et si vous n’êtes ni à Paris ni à Nice, cette équipe anti-gaspi vous aide à lancer votre propre association, en vous guidant dans les démarches et en partageant leurs différents partenariats avec d’autres associations.
 
Une association dérivée des éco-charlie (mais qui n’aura pas le même nom) est actuellement en train de se mettre en place dans le 13ème arrondissement de Paris.






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