Tandis que les décorations de Noël sont en cours d’installation dans la plupart des grandes agglomérations, le gouvernement a fait part de son ambition de raboter la prime dite de Noël. Jusqu’alors, cette “prime exceptionnelle de fin d’année”, était versée, depuis 1998, à plus de 2,2 millions de ménages modestes, bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ou encore l’allocation équivalent retraite (AER).
Cette prime, dont le montant varie en fonction de la composition du foyer, était alors versée automatiquement par la CAF ou la MSA (la sécu agricole). Une personne seule et sans enfant percevait 152 euros quand un couple sans enfant pouvait prétendre à une enveloppe de 228 euros, et le montant augmentait avec le nombre d’enfant à charge. Ce sont justement ces deux catégories-là (personne seule et couple sans enfant) qui sont dans le viseur du gouvernement, en pleine opération de fonds de tiroir austéritaires pour boucler le budget de la sécurité sociale en cours d’examen à l’Assemblée nationale.
Une prime de Noël pour maintenir les plus précaires la tête “hors de l’eau”
Le budget 2026 prévoit en effet une réduction des montants dédiés à cette prime de près de 45 %, soit un budget alloué de 261,5 millions contre 466,50 millions en 2025. Contrairement à son surnom, la prime de Noël ne sert pas à faire la tournée des magasins de jouets mais à maintenir les personnes précaires la “tête hors de l’eau”, a réagi sur France Inter Nicolas Champion, secrétaire national chargé des solidarités du Secours Populaire.
Il s’agit pour les bénéficiaires de cette prime d’avoir un peu de répit financier afin de réduire un découvert bancaire ou encore de payer une facture, dans un contexte budgétaire déjà très contraint. Le montant du RSA est, à titre d’exemple, de 646,52 euros pour une personne sans enfant.
Objectif : maintenir le budget de la sécurité sociale à l’équilibre
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a reconnu au micro de France Inter que “certaines mesures” pouvaient sembler “un peu agressives”. Il s’est dit ouvert à y renoncer à condition de trouver des recettes ou des économies équivalentes. L’objectif : maintenir à l’équilibre les comptes de la Sécurité sociale. Et de plaider : “Je ne suis pas sûr que notre pays ait les moyens de poursuivre ces politiques de générosité maximale, je pense qu’il faut accepter un recentrage, cette idée que peut-être la générosité qu’on a connue pendant des décennies est peut-être arrivée à son terme."
Ce nouveau coup de canif dans le budget pour les solidarités intervient une semaine après le rejet de la taxe Zucman. Son adoption aurait rapporté entre 20 et 25 milliards d’euros, selon les scénarios optimistes, ou 5 milliards d’euros pour les estimations basses.