L'intelligence artificielle ou la fabrique d'un nouveau Dieu
Et l’IA créa un nouveau Dieu. Crédit : WE DEMAIN.
Publié par Jean-Marie Hosatte | Mis à jour le
La Silicon Valley ne rêve plus de progrès, mais de transcendance. Entre ambition divine et chaos programmé, ses nouveaux prophètes réécrivent notre destin.
L’économiste Robert Shiller, prix Nobel d’économie 2019, a posé les fondements de ce qu’il appelle “l’économie narrative”. Pour lui, les idées marginales peuvent se répandre comme des virus et provoquer des épidémies dans les imaginaires. Ces “constellations narratives” sont parfois assez puissantes pour bouleverser les cycles économiques, amorçant des crises financières, des bulles spéculatives. Ces éruptions d’imaginaire peuvent aussi inciter les grandes entreprises à réorienter leurs efforts de recherche et développement vers des projets puisés dans la science-fiction.
Jules Verne fut un allumeur de constellations narratives particulièrement fécond. Le sous-marin ou l’hélicoptère qu’il imagine dans ses romans ont envahi les esprits avec une telle puissance que les ingénieurs Simon Lake (1866-1945) et Igor Sikorsky (1889-1972) les ont finalement réalisés. Mais ses conséquences sur la marche du monde ne sont qu’insignifiants clapotis si on les compare aux bouleversements que va provoquer la captation des thèmes de la SF populaire américaine par Musk, Jeff Bezos, Bill Gates, Sergeï Brin, Larry Page ou Mark Zuckerberg. Leurs prodiges, réalisés ou annoncés, font pourtant eux-mêmes pâle figure face aux ambitions de Sam Altman.
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