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Féminisme : 3 points sur lesquels Simone de Beauvoir était en avance

Charge mentale, clitoris, règles, liberté sexuelle… Ces sujets d’actualité, Simone de Beauvoir s’y intéressait déjà à son époque. À l’occasion du 35ème anniversaire de sa mort, (re)découvrez en quoi les propos de cette icône féministe résonnent encore aujourd’hui.

Le 16/04/2021 par Sofia Colla
Simone de Beauvoir
(Re)découvrez la vie de Simone de Beauvoir dans le documentaire « Beauvoir : l’aventure d’être soi », samedi 17 avril à 21h sur Public Sénat. (Crédit : Shutterstock)
(Re)découvrez la vie de Simone de Beauvoir dans le documentaire « Beauvoir : l’aventure d’être soi », samedi 17 avril à 21h sur Public Sénat. (Crédit : Shutterstock)

Simone de Beauvoir, icône féministe notamment connue pour son engagement dans la légalisation de l’avortement, était résolument en avance sur son temps. L’autrice de l’ouvrage Le Deuxième Sexe a ouvert la voie aux féministes d’hier et d’aujourd’hui. 

À l’occasion du 35ème anniversaire de sa disparition, Public Sénat diffuse le documentaire Beauvoir : l’aventure d’être soi, réalisé par Fabrice Gardel, samedi 17 avril à 21h. 

“Elle [Simone de Beauvoir] ouvre la cage de la prison dans laquelle sont enfermées les femmes depuis des millénaires”, observe la philosophe Élisabeth Badinter dans le documentaire. 

(Re)découvrez trois points sur lesquels Simone de Beauvoir était en avance sur son temps. 

La charge mentale et le travail domestique

Aujourd’hui, la charge mentale est devenue une expression presque commune, même si le problème est loin d’être réglé. Simone de Beauvoir, dans les années 1940, l’évoquait déjà. Elle expliquait aussi en quoi les femmes subissaient une double journée en montrant que les tâches ménagères était un labeur supplémentaire, aliénant et sans fin. Elle mettait aussi en lumière le fait que ce travail n’était pas rémunéré et luttait pour une plus juste répartition des tâches. 

“Si les femmes faisaient la révolution sur ce plan là, sur le plan du travail ménager, si elles obligeaient les hommes à faire avec elles… Si ceci était changé, toute la société en serait bouleversée”, assurait-elle. 

La situation a-t-elle beaucoup changé ? Pas vraiment. 70 % des tâches ménagères sont encore assumées par les femmes dans le foyer. Dans plusieurs pays, comme nous vous le racontons dans cet article, des femmes ont même traîné leur mari au tribunal pour que leur travail domestique soit indemnisé. 

À lire aussi : Confinement : 5 conseils pour bien répartir les tâches domestiques

Et les réseaux sociaux ne servent pas toujours l’émancipation des femmes, comme l’explique l’autrice féministe Titiou Lecoq dans le documentaire : “La mise en scène de soi par des femmes et de leur maison sur Instagram, ça relève de ce mythe de la ménagère des années 1950. Beauvoir serait folle si elle voyait qu’on en est encore là  !”

Le clitoris 

Peu à peu, le corps féminin s’émancipe. Cette fois, les réseaux sociaux jouent un rôle notoire, notamment via des mouvements comme celui lancé par le compte Instagram Le Gang du Clito qui diffuse des informations autour du clitoris et de la sexualité féminine. 

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Là fois encore, Simone de Beauvoir parlait déjà, dans les années 1950, des règles, du vagin ou encore du clitoris. Dans Le Deuxième Sexe, elle revient sur le fonctionnement physiologique des organes féminins, ce qui a énormément choqué et été critiqué au moment de sa publication. Elle y décrit la sexualité des femmes, ose parler du plaisir féminin.

À lire aussi : L’étendard sanglant est levé ! Comment les règles cessent d’être taboues

Elle y déconstruit également le mythe de la maternité qui, dans l’imaginaire collectif, est représenté comme l’essence de la féminité. “Elle a montré que la maternité pouvait être pour beaucoup de femmes un piège”, analyse Élisabeth Badinter.

La liberté sexuelle 

Dans son premier roman, L’invitée, publié en 1943, Simone de Beauvoir s’inspire de son trio amoureux avec Jean-Paul Sartre, avec qui elle est restée toute sa vie en couple libre, et Olga Kosakiewicz, une ancienne élève. Elle ne cache pas coucher avec d’autres hommes, mais aussi avec des femmes. Et cela bien avant le mouvement d’émancipation sexuelle des années 1970. 

“C’est-à-dire que moi aussi j’ai bien aimé ne pas être monogame finalement”, s’amuse-t-elle sur un plateau télé. 

Simone de Beauvoir ne voulait ni se marier, ni avoir d’enfant. Elle voulait être libre et vivre sa vie comme elle l’entendait. Un discours marginal à l’époque, et qu’elle a tenu jusqu’à sa mort, le 14 avril 1986.

Simone de Beauvoir : “On ne naît pas femme, on le devient”

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