En matière de politique, "nous sommes des hommes préhistoriques !"
Spécimen d’Homo Bellicosus rappelant le complotiste trumpiste belliqueux observé lors de l’attaque du Capitole, à Washington, en 2021.
Et si le plus redoutable ennemi politique venait de l’intérieur : nos instincts ancestraux ? Anthropologue et spécialiste des sciences cognitives, chercheur au CNRS, Pascal Boyer explore la façon dont notre héritage biologique façonne encore aujourd’hui notre pensée politique. Au risque de mettre en péril notre idéal démocratique et notre capacité à œuvrer collectivement pour le meilleur. Éclairage pour mieux comprendre ces mécanismes venus de loin.
Publié le
Écrit par Sophie Pujas (Journaliste)
Faut-il vraiment recourir à notre passé évolutif pour penser la politique d’aujourd’hui ?
Oui, parce que la politique est en grande partie une affaire de biologie ! On laisse toujours de côté, dans les discussions sur la politique, ce que nous devons à notre passé évolutif. Or ce passé a immensément d’influence ! Certaines de nos capacités, de nos préférences, de nos manières d’être en société ou en communauté se sont développées il y a 500 000 ans. Notre cerveau n’a pas changé depuis, car l’évolution se déploie sur un temps très long. Nous sommes donc des hommes préhistoriques dans une société qui n’est plus celle de l’âge de pierre ! La conséquence, c’est que nous interprétons nos faits sociaux modernes – institutions, partis, problèmes de justice et de gestion des biens communs – comme si nous étions encore un petit village.
Que nous reste-t-il de ce passé ancestral ?
Nous sommes une espèce faite pour l’action collective et la société. C’est l’un des contrastes énormes avec les groupes animaux, même nos cousins primates, qui n’ont pas d’action collective, au sens d’efforts assemblés pour un résultat impossible à accomplir autrement.
Déjà abonné(e) ? Activez votre compte ou connectez-vous en un clic.
Je continue