PAC : l'Europe subventionne 580 fois plus le bœuf que les lentilles
Le boeuf et l'agneau sont 580 fois plus subventionnés par la PAC que les légumineuses, comme ici à droite des lentilles. - © WD/Canva
Publié le par Florence Santrot
En 2020, 77 % des subventions de la Politique agricole commune (PAC) ont bénéficié aux produits animaux. Les légumineuses, elles, n’ont reçu que des miettes. À l’heure où l’UE prépare la PAC 2028-2034, le rapport de l’ONG Foodrise pose une question explosive : l’argent public finance-t-il la transition… ou le statu quo ?
8 milliards d’euros pour le bœuf et l’agneau. 14 millions pour les lentilles et les haricots. Le rapport est brutal : les viandes les plus émettrices ont reçu environ 580 fois plus d’aides européennes que les légumineuses en 2020. Le contraste est tout aussi frappant pour les produits laitiers, eux aussi très émetteurs : en 2020, ils ont capté 16 milliards d’euros de subventions de la PAC, contre seulement 29 millions pour les noix et les graines. Un écart d’environ 500 pour 1, alors même que ces aliments végétaux présentent une empreinte carbone bien plus faible et sont au cœur des régimes alimentaires recommandés pour réduire l’impact climatique.
Ces chiffres sont issus du rapport CAP at the Crossroads [la PAC à la croisée des chemins, NDLR] publié le 19 février 2026, par l’ONG Foodrise. Pour la première fois, l’organisation détaille la répartition des aides de la Politique agricole commune (PAC) par type d’aliment. Le verdict est sans appel : sur les 50,6 milliards d’euros de subventions versées en 2020, 39 milliards – soit 77 % – ont bénéficié aux produits d’origine animale. Trois fois plus que l’ensemble des aliments végétaux.
Une PAC structurellement orientée vers l’élevage
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