Et le moustique fut condamné à mort…
À La Réunion, des milliers de moustiques stériles sont relâchés à la main pour tenter d’enrayer la prolifération du moustique tigre, vecteur de la dengue et du chikungunya. - © nataba / stock.adobe.com
Publié le par Aline Richard Zivohlava
Avec 600 000 morts par an à son actif, dont une majorité d’enfants, le moustique est l’animal le plus meurtrier de la planète – paludisme, dengue, chikungunya… Mais même s’il résiste aux insecticides, son avenir ne s’annonce pas radieux pour autant. Dans le secret des laboratoires, la riposte s’organise : manipuler son ADN pour, au mieux, le rendre inoffensif, au pire, le rayer de la carte.
À peine sortis de la glacière branchée sur l’allume-cigare, les petits récipients qui contiennent, chacun, un millier de moustiques endormis par le froid, sont placés, grands ouverts, à des endroits stratégiques du quartier de Langevin, dans la commune de Saint-Joseph, sur l’île de La Réunion. En ce 26 août 2025, lâcher d’insectes réussi ! Le premier d’une longue série dans le cadre d’un programme de dix-huit mois, mené par deux instituts de recherche, l’IRD (Institut de recherche pour le développement) et le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), avec le soutien des autorités locales.
Son objectif : à terme, éradiquer purement et simplement Aedes albopictus – le fameux “tigre” vecteur de la dengue et du chikungunya – de ce petit territoire du sud de l’île. Lutter contre les moustiques… en lâchant des moustiques ? Tout à fait, mais pas n’importe lesquels. “Les mâles ont été rendus stériles par irradiation. Puis on les a imprégnés d’une petite dose d’un biocide, le pyriproxyfène, pour qu’ils contaminent les femelles et les gîtes larvaires. Cela empêchera les larves de se transformer en adultes”, explique Jérémy Bouyer, entomologiste au Cirad et porteur du projet.
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