En France, Uber a dû reculer devant la pression des taxis et de l’État. Mais à New York, c’est le maire de la ville qui a dû lui céder en juin dernier. Face au lobbyisme intensif du géant californien Uber, Bill de Blasio a été contraint de renoncer à son projet de limitation du nombre croissant de voitures de transport avec chauffeur (VTC).
Une victoire pour l’entreprise, qui a réussi, en quatre ans, à s’établir en leader sur le marché des VTC : sur les 25 000 véhicules circulant dans les rues de New York, les trois quarts roulent en effet pour Uber. Menacés, les 13 000 chauffeurs de taxis traditionnels ont décidé de riposter en créant leur propre application, Arro, qui sera disponible dès ce mois-ci.
Une solution “intégrée aux taxis”
La réussite potentielle d’Arro repose sur le partenariat avec l’entreprise Creative Mobile Technologies (CMT), qui conçoit et contrôle les systèmes de paiement et les écrans vidéo de la moitié des taxis jaunes de la ville. Les futurs utilisateurs de l’appli pourront ainsi s’adresser directement aux conducteurs par message, à travers les terminaux de données et de paiement situés à l’avant des taxis. En comparaison, le système d’Uber est moins direct, puisque ses chauffeurs doivent accepter les demandes à travers des smartphone accrochés à leurs pare-brises.
Quand un passager ouvre Arro pour trouver un taxi, un chauffeur proche reçoit son nom, son adresse et les rues adjacentes. Le passager, quant à lui, obtient le nom du chauffeur et sa plaque d’immatriculation afin d’identifier le véhicule. Il enregistre ses informations bancaires dans l’application, ce qui lui permet de payer son trajet sur mesure automatiquement.
Chez Uber, en revanche, selon le site d’information The Verge, les prix de commission doublent, voire triplent dans certains quartiers engorgés aux heures de pointe, comme Manhattan.
Pas de frais de service
Pour accentuer encore sa différence avec son concurrent, Arro a annoncé ne pas percevoir de frais de services au début de chaque trajet, contrairement aux deux dollars automatiquement demandés par Uber pour chaque réservation. Pour la nouvelle application, ces avantages économiques, ainsi que la proximité entre le passager et le conducteur sont des arguments majeurs.
À l’heure ou de plus en plus de chauffeurs de taxis de la ville abandonnent leurs “médaillons” dorés, indispensables pour avoir le droit d’exercer cette profession à New York, pour se tourner vers Uber, l’application pourrait permettre de changer la donne.
Selon le site d’information new-yorkais Crain’s, après New York, les créateurs d’Arro veulent lancer un service équivalent à San Francisco, Washington DC, Chicago ou encore Boston. Si Arro parvient à convaincre les new-yorkais, l’application pourrait constituer le premier coût d’arrêt important à l’irrésistible montée en puissance d’Uber.
Lara Charmeil
Journaliste à We Demain
@LaraCharmeil