Des gens discutent dans une salle de réunion, table couverte de documents, carte murale. Afin de se préparer à tous les scénarios, l'Europe organise des simulations d'attaques par cyberguerre. - © Canva / Généré par IA

Le jour où l'Europe a simulé une cyberattaque qui pouvait tout faire basculer

Publié le par Florence Santrot

L'essentiel

Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.

À Bruxelles, un exercice européen de cyberdiplomatie a plongé une trentaine de participants dans une crise fictive mais terriblement vraisemblable : hôpitaux paralysés, désinformation, eau coupée, pressions économiques et risque d’escalade avec l’OTAN. De 9h à 18h, coupés de l’extérieur, chacun doit décider dans le brouillard, entre urgence d’agir et nécessité de vérifier. Un scénario qui montre que la cyberguerre ne se joue pas seulement derrière des écrans, mais aussi dans des salles où l’on tente de garder son sang-froid.

Les papiers arrivent les uns après les autres. Pas des rapports interminables, mais des bulletins courts, des flashes d’alerte, des fragments de réalité qui se contredisent. Une information venue d’un média. Une autre d’un réseau social. Une note institutionnelle qui dit presque l’inverse. Dans une salle institutionnelle à Bruxelles, une trentaine de participants tentent de comprendre ce qui se joue. Ils n’ont pas d’ordinateur. Ils peuvent parler, s’isoler quelques minutes dans des bureaux attenants, convoquer des réunions… mais ils ne sortiront pas de cette pièce. Et à chaque nouvelle information, le scénario change de visage. Pendant une journée, de 9h à 18h, les participants ont été plongés dans une simulation de crise cyber européenne.

Ce qui ressemblait d’abord à une attaque informatique contre des hôpitaux devient peut-être une opération terroriste. Ou une manœuvre d’un État hostile. Ou une attaque économique destinée à fragiliser des entreprises européennes. Ou tout cela à la fois. Et c’est précisément l’objectif de l’exercice : faire vivre, presque physiquement, le brouillard de la crise hybride. Laurent Duperray, diplômé de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), est dans la pièce. Invité dans le cadre d’un exercice avancé de cyberdiplomatie organisé à Bruxelles, à la Commission européenne, il participe au scénario Tracks of Influence, inscrit dans le programme Cyber Diplomacy Advanced du European Security and Defence College, avec l’IHEDN côté français et l’Instituto da Defesa Nacional côté portugais. Sur le papier, tout est fictif. Dans la salle, beaucoup moins. “On nous met dans une situation où on ne sait pas du tout ce qu’il se passe. Nous sommes observés avec l’idée d’analyser nos réactions, notre façon de réfléchir, ce qui pousse aux prises de décision”, raconte-t-il.

Deux hommes en costume souriants devant un drapeau de l'Union européenne.
À gauche, Laurent Duperray (diplômé de l'IHEDN), à droite, Fergal O' Regan, directeur du Collège européen de sécurité et de défense (ESDC). © Laurent Duperray

Des hôpitaux pour première cible

Le scénario commence par les hôpitaux. Plusieurs établissements, dans trois pays européens, sont touchés simultanément par une attaque informatique. Pas

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