Afin de se préparer à tous les scénarios, l'Europe organise des simulations d'attaques par cyberguerre. - © Canva / Généré par IA
Publié le par Florence Santrot
À Bruxelles, un exercice européen de cyberdiplomatie simulant une attaque hybride contre plusieurs pays de l’Union a été organisé il y a quelques semaines. Hôpitaux paralysés, intox médiatiques, rumeurs d’attentat, pression sur l’OTAN : pendant une journée, les participants ont vécu de l’intérieur ce que pourrait être une crise cyber majeure. Récit.
L'essentiel
Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.
Les papiers arrivent les uns après les autres. Pas des rapports interminables, mais des bulletins courts, des flashes d’alerte, des fragments de réalité qui se contredisent. Une information venue d’un média. Une autre d’un réseau social. Une note institutionnelle qui dit presque l’inverse. Dans une salle institutionnelle à Bruxelles, une trentaine de participants tentent de comprendre ce qui se joue. Ils n’ont pas d’ordinateur. Ils peuvent parler, s’isoler quelques minutes dans des bureaux attenants, convoquer des réunions… mais ils ne sortiront pas de cette pièce. Et à chaque nouvelle information, le scénario change de visage. Pendant une journée, de 9h à 18h, les participants ont été plongés dans une simulation de crise cyber européenne.
Ce qui ressemblait d’abord à une attaque informatique contre des hôpitaux devient peut-être une opération terroriste. Ou une manœuvre d’un État hostile. Ou une attaque économique destinée à fragiliser des entreprises européennes. Ou tout cela à la fois. Et c’est précisément l’objectif de l’exercice : faire vivre, presque physiquement, le brouillard de la crise hybride. Laurent Duperray, diplômé de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), est dans la pièce. Invité dans le cadre d’un exercice avancé de cyberdiplomatie organisé à Bruxelles, à la Commission européenne, il participe au scénario Tracks of Influence, inscrit dans le programme Cyber Diplomacy Advanced du European Security and Defence College, avec l’IHEDN côté français et l’Instituto da Defesa Nacional côté portugais. Sur le papier, tout est fictif. Dans la salle, beaucoup moins. “On nous met dans une situation où on ne sait pas du tout ce qu’il se passe. Nous sommes observés avec l’idée d’analyser nos réactions, notre façon de réfléchir, ce qui pousse aux prises de décision”, raconte-t-il.
Des hôpitaux pour première cible
Le scénario commence par les hôpitaux. Plusieurs établissements, dans trois pays européens, sont touchés simultanément par une attaque informatique. Pas
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