L'IA entre au bloc : promesses, résistances et avenir de la chirurgie augmentée

Le système chirurgical da Vinci est produit par la société Intuitive Surgical. Il permet aux chirurgiens de pratiquer des interventions mini invasives. Crédit : DR.

Publié par Florence Santrot  |  Mis à jour le

Dans une des salles d’opération de l’University Health Network (UHN) à Toronto, le docteur Amin Madani, chirurgien général, teste un prototype d’IA capable d’aider les praticiens à faire les bonnes incisions. “L’IA agit comme un GPS pour le chirurgien”, explique-t-il. Branchée sur la vidéo des caméras internes, l’intelligence artificielle identifie les structures anatomiques sensibles et signale en temps réel les zones à risque. Loin d’être une prouesse technique déconnectée du réel, cette innovation s’inscrit dans un contexte où même les chirurgies dites routinières peuvent entraîner des complications. “Environ 5 % des interventions dans le monde donnent lieu à des effets secondaires, parfois graves”, rappelle le Dr Madani. Et dans une majorité des cas, ces incidents proviennent non pas d’un manque de compétence, mais d’une erreur d’appréciation, d’un angle mort visuel ou d’une décision mal informée.

C’est là que l’IA peut jouer un rôle de sentinelle, via une assistance cognitive discrète mais précieuse. Concrètement, pendant l’intervention, l’IA analyse en temps réel les images captées par les caméras chirurgicales. Elle superpose ensuite des zones colorées sur les écrans : vert pour les zones sûres, rouge pour celles à éviter. Ce guidage visuel aide le chirurgien à identifier les structures critiques et à éviter les zones à risque, réduisant ainsi les erreurs potentielles. Son rêve ? Développer une infrastructure mondiale où chaque chirurgien, même dans les régions isolées, pourrait bénéficier d’un soutien décisionnel via une IA entraînée sur des millions d’interventions. Pour le Dr Madani, l’erreur n’est pas toujours une question de compétence, mais de limites humaines : champ de vision réduit, incertitudes anatomiques, fatigue… Autant de biais que l’IA peut venir compenser.

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