L'astuce low-tech qui permet aux poules de rester dehors toute l'année

Enfermées dehors, les poules de Maxime Merchier profitent d'une solution low-tech pour évoluer à l'air libre tout le temps. - © Oeufdepaturage.com

Publié le par Emmanuelle Vibert

Plusieurs poulaillers mobiles sont sur le marché. Ils se présentent sous forme de remorques que l’on déplace, permettant aux poules un accès à de l’herbe fraîche et des vers de terre en abondance autour du véhicule qui leur sert aussi d’abri. Grâce à ce nomadisme animal dans les champs, le sol n’est pas mis à nu, il n’est pas saturé (et donc pollué) de déjections. Il est, au contraire, enrichi.

Les poules ont une nourriture riche et variée, elles évoluent à l’air libre tout le temps, ce qui améliore leur bien-être et leur santé. Le hic ? La grippe aviaire qui sévit pendant trois à six mois par an. Les éleveurs sont alors contraints d’enfermer leurs oiseaux. Maxime Merchier, 38 ans, est l’inventeur d’un poulailler mobile qui résout ce problème… et d’autres.

La low-tech appliquée aux gallinacés

Après une carrière de consultant et chercheur en agriculture de conservation (amélioration de la qualité des sols) en Belgique, l’ingénieur agronome expérimente sa low-tech pour gallinacés dès 2021, sur la ferme où il s’est installé, en Seine-Maritime, auprès d’une demi-douzaine d’autres paysans. Sa solution pour maintenir ses 750 poules (bientôt 1 000) dans les champs, même pendant les confinements ?

Une serre de 6 mètres de large et 18 mètres de long : posée sur le sol, elle est bâchée pour moitié, couverte d’un filet pour l’autre. Maxime a aussi mis au point un système de pondoir/perchoir. “En France, explique-t-il, on n’a pas le droit de laver les œufs, mais on ne peut pas vendre un œuf sale. Or, les poules aiment pondre et dormir en hauteur.” Mais quand elles grimpent dans le pondoir pour dormir, elles le souillent – et les œufs avec – de leurs déjections.

Des solutions malines et mécaniques pour éviter l’électronique

Ce casse-tête est résolu dans l’industrie par des systèmes électroniques qui ferment l’espace de ponte, la nuit. “Je ne suis pas fan de l’électronique, confie Maxime. Si ça tombe en panne, tu ne peux pas réparer.” Il a imaginé des pondoirs suspendus. La nuit venue, les poules grimpent sur les perchoirs situés juste devant, leur poids actionne la fermeture du plateau de ponte. “Sans ça, il faudrait que je ferme et ouvre les pondoirs soir et matin !” Or économiser son temps est l’un des objectifs de l’éleveur.

Ses pondoirs stockent les œufs pendant deux jours, ce qui lui permet de partir en week-end. “Ça faisait partie de mes exigences de départ.” Le tout donne des œufs labellisés bio, aux qualités nutritionnelles incomparables. “Je n’ai pas fait d’analyse, confie-t-il. Mais ça se voit à l’œil nu. Les jaunes sont orange, donc très riches en bêtacarotène que l’on trouve dans les végétaux dont se nourrissent les poules.”

Ils sont vendus 50 centimes d’euros pièce dans une trentaine de points de vente aux alentours de la ferme et à des restaurants, dont deux étoilés.

À noter : Maxime Merchier propose des formations sur les poulaillers mobiles.

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