Chaque mégot jeté dans le caniveau pollue 500 litres d’eau et nécessite une quinzaine d’année pour se dégrader. En France, ce sont 20 à 25 000 tonnes de mégots qui sont jetés chaque année.
Chez-eux, les fumeurs ont des cendriers, qu’ils vident la plupart du temps dans la poubelle classique. Car si la plupart des déchets sont triés, ce n’est pas le cas pour les mégots. C’est pourquoi Alice, Solène et Romain ont décidé, en 2016, de créer l’association GreenMinded.
Pollueur-payeur
L’association a d’abord proposé des solutions de collectes pour les villes et les entreprises. Mais afin d’inciter aussi les particuliers à recycler leurs mégots, elle a lancé en début d’année des kits envoyés à domicile.
Ces derniers comprennent un contenant hermétique (de 2 à 10 kilos), un cendrier portable, des stickers, un mode d’emploi, des affiches de sensibilisation et les étiquettes d’affranchissement pour renvoyer les mégots.
Le hic : ces kits ont un prix qui peut rebuter le fumeur. Pour recevoir le plus petit des contenants, il faudra débourser 39 euros. Aujourd’hui en France, les industriels du tabac échappent au principe du “pollueur-payeur”, obligeant à quiconque souhaitant recycler ses mégots de payer. Deux milliards de mégots sont jetés chaque année dans Paris. Le coût du ramassage s’élève à 5 000 euros pas jour, donc à presque deux millions d’euros par an, seulement pour la capitale..
Brune Poirson, secrétaire d’État au ministère de la Transition écologique et solidaire, a rencontré les industriels à plusieurs reprises. Mais pour le moment, aucune proposition de loi n’a été émise. GreenMinded a lancé une pétition pour que les industriels du tabac participent au financement du recyclage de leur produit.
Une seule usine de recyclage des mégots en France
Une fois les mégots réceptionnés, GreenMinded les envoie à l’usine MéGo en Bretagne : la seule en France à recycler ce déchet. Les matières organiques (les restes de tabac et le papier) sont séparées du plastique (la partie blanche du mégot, la plupart du temps à base d’acétate de cellulose). La fibre de plastique passe par différents bains d’eau pour en extraire les substances toxiques afin d’obtenir une fibre saine qui va être thermocompressée pour être transformée en plaque de plastique.
Alice nous explique que l’eau polluée est également traitée en circuit fermé : “elle est récupérée, les substances toxiques sont extraites et traitées. L’eau saine est réutilisée pour refaire des bains”.
Les plaques de plastique servent ensuite à produire du mobilier urbain, de jardin, des supports de téléphone ou des cendriers ! Pour le moment, les stocks de mégots étant trop restreints, l’usine MéGo s’est concentrée sur la production de banc assis-debout pour les coins fumeurs, comme vous nous l’expliquions dans notre article “Du mobilier urbain conçu à partir de mégots de cigarettes recyclés”.
Le meilleur moyen de ne pas polluer ? Ne pas fumer ! Fumeurs, profitez-en, c’est encore le Mois sans tabac …