Pendant qu’en Europe et aux États-Unis on débat des programmations pluriannuelles de l’énergie, ailleurs sur la planète, le photovoltaïque s’installe sans attendre les politiques publiques. Pas par conviction climatique, ni par audace technologique : par pure nécessité. Coupures à répétition, factures multipliées par deux ou trois, ouragans destructeurs, guerres, État défaillant… À chaque fois, le même réflexe : les citoyens montent sur les toits et installent eux-mêmes leur petite centrale.
Cette “révolution par le bas” est un phénomène nouveau, rendu possible par l’effondrement des prix des panneaux chinois, divisés par cinq entre 2022 et 2024 selon le think tank Ember. Et cela change tout : pendant que les méga-projets d’État (Chine, Inde, Émirats) font les gros titres, c’est en réalité dans les pays en crise que se joue la transformation la plus rapide.
1. Yémen : le cas extrême
C’est probablement le pays au monde où la part du solaire dans les foyers est la plus élevée. Depuis le début de la guerre civile en 2015, le réseau électrique yéménite s’est effondré. Selon des images satellites compilées par la Banque mondiale, environ 55 % des infrastructures électriques du pays présentent des dommages, et 8 % sont totalement détruites. Résultat : selon l’IFC (International Finance Corporation), plus de 50 % des foyers yéménites utilisent le solaire comme principale source d’électricité. Dans la ca