Chaque année, ChangeNOW rassemble à Paris une large partie de l’écosystème mondial engagé dans la transition écologique et sociale. L’édition 2026 se tiendra du 30 mars au 1er avril au Grand Palais, avec l’ambition de mettre en dialogue chercheurs, entreprises, investisseurs et responsables publics. Le sommet revendique un positionnement particulier : celui d’un lieu où se rencontrent les porteurs de solutions et ceux qui peuvent les financer ou les déployer.
Plusieurs dizaines de milliers de participants, venus de nombreux pays, viennent découvrir un millier d’initiatives présentées autour de thématiques comme l’énergie, la biodiversité, les mobilités ou l’économie circulaire. Dans un contexte où les limites planétaires deviennent un cadre de plus en plus concret pour les décisions économiques et politiques, l’objectif affiché est clair : accélérer la mise en œuvre de solutions déjà existantes, plutôt que d’en rester au stade des intentions.
La science face aux arbitrages économiques
L’un des fils rouges de cette édition 2026, dont WE DEMAIN est partenaire média, sera la place de la science dans les décisions publiques et économiques. Parmi les intervenants attendus figurent plusieurs figures majeures de la recherche climatique et écologique, dont Johan Rockström, spécialiste des limites planétaires, Diana Ürge-Vorsatz, vice-présidente du GIEC, ou encore l’économiste Kate Raworth, connue pour son modèle de l’économie du donut.
Leur présence illustre une question qui traverse aujourd’hui de nombreux débats : comment intégrer les connaissances scientifiques dans des systèmes économiques encore largement structurés par des logiques de court terme ? Les discussions associeront également des dirigeants d’entreprise et des responsables financiers, afin d’examiner la capacité des organisations à adapter leurs stratégies face aux contraintes climatiques et environnementales.
La question de la désinformation climatique fera aussi partie des sujets clés cette année. Des représentants des Nations unies ou de Reporters sans frontières interviendront sur l’impact des campagnes de désinformation dans le débat public et sur les décisions politiques.
Des solutions qui cherchent à changer d’échelle
Au Grand Palais, plusieurs centaines d’entreprises et d’initiatives venues de plus de cinquante pays présenteront leurs projets. Certaines sont encore en phase d’expérimentation, d’autres cherchent à passer à l’échelle industrielle. Le sommet accueillera notamment des sessions de présentation devant des investisseurs, afin de faciliter le financement de solutions liées à l’énergie, à l’économie circulaire ou à la protection de la biodiversité.
Cette dimension financière est devenue centrale. La transition écologique ne repose pas seulement sur l’innovation technologique, mais aussi sur la capacité des marchés et des institutions financières à orienter les investissements vers des activités compatibles avec les limites planétaires. Dans cette optique, plusieurs groupes de travail réuniront entreprises, investisseurs et organisations internationales pour élaborer des feuilles de route communes autour de certains secteurs stratégiques.
Changer les technologies… et les habitudes
Mais la transition écologique ne se résume pas à un catalogue d’innovations. Elle suppose aussi une transformation progressive des modes de vie et des pratiques économiques. Cette dimension sera également présente dans le programme du sommet, à travers des discussions sur les comportements de consommation, les nouveaux modèles d’entreprise ou encore l’évolution des métiers liés à la transition.
Certaines initiatives s’intéressent par exemple à l’alimentation, à la mobilité ou à l’habitat, autant de domaines où les changements d’habitudes peuvent avoir un impact important sur les émissions et l’utilisation des ressources.
L’événement accueillera aussi des programmes dédiés à différentes communautés engagées dans la transition – femmes leaders de l’impact, jeunes entrepreneurs, athlètes mobilisés pour le climat – ainsi qu’un salon de l’emploi consacré aux métiers de la transition écologique. Autrement dit, la transition ne se joue pas uniquement dans les laboratoires ou les conseils d’administration : elle implique aussi une transformation plus diffuse des pratiques quotidiennes, des imaginaires et des priorités collectives.
Entre forum d’idées et laboratoire d’action
ChangeNOW occupe aujourd’hui une position particulière dans le paysage des événements climatiques. Ni conférence diplomatique comme les COP, ni simple salon de start-ups, le sommet se veut un espace de rencontre entre différents mondes : celui de la science, de l’entreprise, de la finance et des politiques publiques.
Parmi les figures attendues figurent notamment Christiana Figueres, ancienne secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Laurence Tubiana, architecte de l’Accord de Paris, ou encore Laurent Fabius, président de la COP21.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques, ces discussions porteront notamment sur la capacité des institutions internationales et européennes à maintenir une trajectoire climatique cohérente.
Au fond, l’enjeu est simple : les solutions existent déjà dans de nombreux domaines. La question qui reste posée est celle de leur déploiement à grande échelle – et de la transformation des habitudes économiques et sociales que cela suppose.